Littérature Gallimard

  • Discours de réception de François Sureau à l'Académie française et réponse de Michel Zink Nouv.

    "M. François Sureau, ayant été élu à l'Académie française à la place laissée vacante par la mort de M. Max Gallo, y est venu prendre séance le jeudi 3 mars 2022, et a prononcé le discours suivant : Mesdames et Messieurs de l'Académie, Avant de m'asseoir parmi vous, suprême récompense des talents incertains d'eux-mêmes, laissez-moi rester quelques instants debout parmi les vivants et les ombres. Aux vivants je dois ce remerciement que je ferai tout à l'heure. Quant aux ombres, je voudrais faire apparaître, bien sûr, celle de La Fontaine, qui fut un moment avocat à Paris et reste à jamais le plus vivant d'entre nous, lui qui dormait vingt heures sur vingt-quatre et ne se réveillait que pour la poésie et pour l'amour ; mais l'ombre aussi de Chateaubriand exposé pour toujours au silence et au vent de la mer, et celle de Deniau revenant du Panshir, et celle de Jean d'Ormesson parlant d'Augustin avec Ayyam Wassef, et j'étais ébloui, et cet éblouissement n'a pas cessé. Je m'en serais voulu d'annexer ainsi, à l'instar d'un député des candidatures multiples, d'autres fauteuils que le mien, si je ne m'étais souvenu que l'Académie, c'est une Compagnie dans laquelle on entre, et non une circonscription dont on hérite..."Ce volume rassemble le discours de réception de François Sureau à l'Académie française et la réponse de Michel Zink.

  • Les deux rives Nouv.

    Les deux rives

    Roger Grenier

    • Gallimard
    • 2 Juin 2022

    Légers, amusants, pénétrants, fantaisistes, parfois sarcastiques mais finalement toujours indulgents, ces portraits du monde littéraire forment un ensemble sur lequel Roger Grenier travaillait à la fin de sa vie. On trouvera ici également trois nouvelles inédites ainsi qu'un texte sur L'Illustration, cette revue qui fit le bonheur des foyers français et qui donne à l'auteur de Ciné-roman l'occasion d'évoquer, bien à sa manière, la guerre, qu'il avait en horreur. On verra passer au fil de ces pages les ombres d'une foule de personnages obscurs ou glorieux qui ont hanté la littérature du vingtième siècle et les couloirs de la maison Gallimard, figures qu'en trois mots Roger Grenier sait rendre attachantes ou révélatrices, comme un dessinateur de procès d'assises au trait rapide et sûr.

  • Coda Nouv.

    Coda

    Jacques Drillon

    • Gallimard
    • 2 Juin 2022

     Il m'arrive de rêver d'être enfin du côté du manche, des forts, des salauds. Du côté des imbéciles. Du côté des flics.
    Je suis derrière un bureau Louis XV, marqueté d'importance, et j'éconduis les solliciteurs.
    J'ai déboutonné ma blouse blanche, je regarde une radiographie, et j'annonce avec une gêne feinte à mon patient que cela se présente assez mal pour lui.
    J'écris rapidement sur du papier à en-tête : Votre texte n'est pas sans qualités, mais il ne correspond pas au type de livres que nous publions.
    Je donne un grand coup de marteau : Silence, ou je fais évacuer la salle ! À l'accusé : Niez-vous les faits ?
    Je porte une étole, et j'écoute la confession d'une jeune bourgeoise de Fontainebleau. Combien de fois par semaine, ma fille ?
    Je rabats d'un coup sec l'écran de mon MacBook : N'insistez pas, c'est non.

    Et puis cela me passe. 

  • Babel des mers Nouv.

    Babel des mers

    René de Ceccatty

    • Gallimard
    • 1 Juin 2022

    Elle s'appelle Harriet Norman. C'est une romancière anglaise. Elle a eu du succès avant la guerre, puis à nouveau après la guerre. Ses livres ont été traduits, puis oubliés. Elle revient à Paris où elle a vécu. Elle se souvient d'une croisière entre le Japon et l'Angleterre. Sur le bateau, elle avait rencontré Adrian, Olivier, Georgina, des jeunes gens qui avaient leur vie et leurs amours, et qui l'ont observée et se sont confiés à elle. Leurs voix se confondent avec la sienne. Est-ce elle qui les regarde vivre ou eux qui se laissent gagner par la nostalgie d'un monde qu'ils n'ont pas connu ? Elle écrit, dit-elle, un roman. Et voici que ses anciens livres connaissent un regain d'intérêt. On l'adapte au théâtre. Son oeuvre survivra-t-elle ? Et ce témoignage qu'apportent ses jeunes amis appartient-il à son oeuvre ? Et ce roman qu'elle écrit n'est-il pas justement le livre que vous tenez entre vos mains ?

  • L'or et la poussiere Nouv.

    L'or et la poussiere

    René de Ceccatty

    • Gallimard
    • 1 Juin 2022

    "Vous m'avez rendue poussière", écrit madame du Deffand à Horace Walpole. Cette vieille femme aveugle est amoureuse d'un étrange dilettante anglais, de vingt ans son cadet. Il lui répond par l'ironie, puis par l'agacement, enfin par la colère. C'est alors que la passion s'installe entre ces deux êtres excessifs que tout sépare et tout mutuellement fascine. L'amitié, cet or que les alchimistes des sentiments tentent de créer, est-elle possible entre eux ? Plutôt l'amour qu'ils ne cessent de soupçonner et de nier. Horace Walpole, esthète, antiquaire, visionnaire, auteur du premier roman noir, Le Château d'Otrante, est peut-être aussi le premier romantique. Marie de Vichy-Champrond, marquise du Deffand, nostalgique du XVIIe siècle, protagoniste de la vie littéraire de salons, est peut-être la dernière Française classique. De cette rencontre exceptionnelle, une femme décide de garder la mémoire : Mary Berry, jeune amie des vieux jours de Walpole, témoin littéraire de cette "amitié contrariée".
    À partir de documents authentiques, l'auteur reconstitue une double biographie, à travers laquelle l'on peut lire la naissance de la sensibilité romantique.

  • Un peigne pour Rembrandt et autres fables pour l'oeil

    Daniel Kay

    • Gallimard
    • 19 Mai 2022

    Cet ensemble de courts poèmes en prose revient, avec plus de naturel et plus de liberté encore que dans les vers des précédents recueils, sur un des thèmes de prédilection de l'auteur : la peinture. Le poète s'y attache à redéfinir avec des images neuves et parlantes tous les éléments qui la constituent : la couleur, l'espace, le temps... Chemin faisant, il remonte les siècles et les peintres, du Tintoret à Soulages, en passant par Rembrandt et quelques autres, et en renouvelle l'approche avec une qualité d'écriture et de sensibilité qui procure à ces textes rêveurs et fluides une belle densité poétique. Ces huit fables pour l'oeil suffisent, semble-t-il, à rafraîchir la pupille du lecteur et à donner à la peinture (et incidemment à la statuaire) un ' champ ' élargi, capable de réunir peindre et peigner dans le même geste.

  • Carpe et lapin

    François Gibault

    • Gallimard
    • 19 Mai 2022

    ' DICTIONNAIRE : Tuées par internet, les éditions sur papier des dictionnaires ont presque toutes perdu leur utilité, sauf évidemment celui qui est entre vos mains. '
    ' AVOCAT : Fruit-légume assez particulier, seul à contenir des lipides. '
    ' LIBERTAIRE : Anarchiste, mais en plus distingué. '

    Après les souvenirs en désordre alphabétique de Libera me (Gallimard, 2014 et 2015), François Gibault, écrivain et avocat, défenseur des oeuvres de Louis-Ferdinand Céline et de Jean Dubuffet, se livre de nouveau en toute liberté dans cette collection bien personnelle de mots choisis.
    Carpe et lapin, c'est ' fait de mensonges et de vérités, de citations découvertes ou inventées et de petites vulgarités qui constituent la vertu principale de beaucoup d'ouvrages '.

  • Sensations du combat

    Anna Ayanoglou

    • Gallimard
    • 19 Mai 2022

    Dans Sensations du combat, Anna Ayanoglou continue de mêler sa petite musique intime à la puissance d'écriture toute en retenue et en éclats qui était à l'oeuvre dans Le fil des traversées, son premier recueil. L'auteure s'inspire d'une réalité dont elle se saisit pour ne plus la lâcher : la vie, la vraie, voilà la matière qui importe. Et les mots pour ordonner le chaos.
    Ne nous y trompons pas, Anna Ayanoglou mène une lutte permanente face aux défis de la vie : le carcan des discours simplistes, la fadeur du quotidien ou encore la difficulté d'aimer. La seule échappatoire possible est alors de ' nourrir en soi le feu / ne pas perdre la force / savoir construire la ruse '. La poétesse, qui a trouvé dans l'écriture un foyer, se doit de continuer, avec détermination, et ' le coeur débordant, n'en rien laisser paraître. 

  • Sous l'oeil des oiseaux moqueurs

    Laurence Schifano

    • Gallimard
    • 19 Mai 2022

    Le 2 novembre 1963, à Saigon, les deux frères Diem mis au pouvoir par l'Amérique sont assassinés lors d'un coup d'État militaire dont les circonstances restent confuses. Est-ce une coïncidence si trois semaines plus tard, à Dallas, J. F. Kennedy est assassiné à son tour ? Et si la guerre du Vietnam s'enfonce alors dans sa phase la plus meurtrière et la plus longue ?
    Fondé sur des archives ignorées, Sous l'oeil des oiseaux-moqueurs remonte aux sources d'un engrenage mortel situé dans le Vietnam partagé, après Dien Bien Phu, entre le régime communiste d'Hanoi que soutient la Chine et le Sud dirigé avec l'aide américaine par le catholique Ngo Dinh Diem et sa famille.
    Qui, dans toute crise de civilisation, manoeuvre et décide d'un avenir tragique ? Espionnage et guerre psychologique, tractations secrètes, trahisons et intrigues de palais jalonnent cet ample récit aux allures de thriller que domine la présence de deux femmes : l'ironique Hélène Hoppenot, toute à sa quête photographique et spirituelle d'une Asie en train de basculer, et la flamboyante Mme Nhu, égérie du régime de Diem.
    Cette histoire exemplaire jette une lumière étonnante sur bien des mystères de notre époque la plus actuelle.

  • Vol en V

    Etienne Faure

    • Gallimard
    • 19 Mai 2022

    Ce recueil de poèmes en vers libres s'inscrit sous le signe de l'envolée, du mouvement, du changement dans l'espace et dans le temps. À l'image des oiseaux, le poète ne cesse de bouger, de chercher ailleurs une terre plus propice à ses désirs et à ses rêves ; à l'image du caméléon, il aime à se couler dans les paysages d'ici et d'ailleurs, à s'identifier aux êtres qu'il rencontre, afin de comprendre ' l'Autre ', de vibrer avec lui, et de vivre mieux. Tout en rêvant la tête en bas aux antipodes, il arpente le Paris du nord-est et les allées de la mémoire dans les cimetières parisiens, s'attarde aux vitrines et dans les musées, bref, se perd pour mieux trouver, par la grâce du verbe, la route infinie des Hespérides.

  • Huit notes fluides pour le silence

    Philippe Delaveau

    • Gallimard
    • 18 Mai 2022

    Composé de poèmes écrits de 1984 à 2020, cet ensemble est d'une grande unité thématique et formelle. Il instaure une manière de dialogue entre peinture et poésie. Le tableau, pour Philippe Delaveau, est le lieu même du "silence", un silence inséparable du mystère de la présence, présence qui peut être temporelle ou intemporelle ; mais aussi de la beauté et donc de la contemplation. Afin de rendre sensible cette présence dans les oeuvres, celles de Corot, Chardin, Hopper, Bonnard, Picasso, etc., auxquelles il attache son "commentaire" ou sa "description" lyrique, et éviter la simple paraphrase verbale des scènes peintes, Delaveau déploie tout un art poétique d'une grande élévation et d'une subtilité remarquable.

  • Effractions

    Pierre Péju

    • Gallimard
    • 12 Mai 2022

    Un jeune voyou, piètre braqueur poursuivi par la police, pénètre violemment dans l'atelier puis dans l'univers pictural d'Alice Watt, grande artiste contemporaine. Il y introduit une stupéfiante touche de génie et bientôt un désordre tragique.
    Un écrivain confirmé assiste, avant de prendre l'avion, au grave malaise d'un individu qui lui ressemble. À l'arrivée, il décide, sur un coup de tête, d'usurper l'identité de ce voyageur qu'attendent de sinistres personnages.
    Un homme solitaire, se sentant devenir vieux, s'inscrit à un club secret dont les membres se sont engagés à se rendre mutuellement un terrible service afin d'échapper au déclin. Mais le contrat se mue en piège funeste.
    Trois personnages à trois âges de la vie. Trois récits d'effraction qui se font écho et invitent à une réflexion sur l'art, l'identité, la littérature, la vieillesse et la mort.

  • Ceux qui s'aiment se laissent partir

    Balavoine Lisa

    • Gallimard
    • 12 Mai 2022

    ' Est-ce qu'on peut éviter les peines, la mélancolie, ce qui se répète, tous ces chagrins qu'on se trimballe et qu'ensuite on se transmet, est-ce qu'on peut les remiser, sous des pulls trop grands, dans les bras d'un amour de passage ou dans les mots qu'on écrit, est-ce qu'on peut seulement faire comme si cela n'existait pas ? '

    Dans ce roman intime et fragmentaire, Lisa Balavoine raconte sa mère, cette femme insaisissable avec qui elle a grandi en huis clos. Une femme séparée, qui rêve d'amour fou, écoute en boucle des chansons tristes et déménage sans cesse, entraînant sa fille dans une vie tourmentée. Entre fascination et angoisse, l'enfant se débat auprès de cette figure parentale attachante, instable, qui s'abîme dans le chagrin, laissant ceux qui l'aiment impuissants. En choisissant de s'éloigner, la fille devenue mère ne cessera d'être rattrapée par les fantômes de son passé. Jusqu'à quand ?
    Histoire d'un amour filial empêché, Ceux qui s'aiment se laissent partir est un récit à fleur de peau sur le poids de l'héritage, mais aussi un livre de réconciliation où l'autrice adresse à sa mère les mots lumineux que celle-ci n'a jamais pu entendre de son vivant.

  • Le jeune homme

    Annie Ernaux

    • Gallimard
    • 5 Mai 2022

    En quelques pages, à la première personne, Annie Ernaux raconte une relation vécue avec un homme de trente ans de moins qu'elle. Une expérience qui la fit redevenir, l'espace de plusieurs mois, la "fille scandaleuse" de sa jeunesse. Un voyage dans le temps qui lui permit de franchir une étape décisive dans son écriture.
    Ce texte est une clé pour lire l'oeuvre d'Annie Ernaux - son rapport au temps et à l'écriture.

  • Le bec de canard

    Gilbert Sinoué

    • Gallimard
    • 5 Mai 2022

    "Berlin, novembre 1911.
    Voilà près d'une heure que les diplomates français défendaient leur position, sans vraiment parvenir à convaincre leurs interlocuteurs allemands. C'est alors que Caillaux, le président du Conseil, décida d'abattre ses cartes.
    - Une partie du Congo français est à vous. Soit 295 000 km2.
    Alfred von Kiderlen-Waechter esquissa un sourire.
    - Intéressant. Mais encore ?
    - Pour que cela ait l'air d'un échange territorial classique, et afin de préserver notre opinion, vous nous céderez la partie orientale du "Bec de Canard". Guère plus de 15 000 km2.
    - Le Bec de Canard ?
    - Oui, Excellence, le Bec de Canard. C'est en raison de sa forme que l'on surnomme ainsi ce territoire au nord du Cameroun proche du lac Tchad.
    - Et que souhaitez-vous en échange de ce... troc ?
    - Pas grand-chose. Le champ libre au Maroc..."
    Dans ce roman qui fait suite à L'île du Couchant, naviguant de la prise d'Alger à la funeste bataille d'Isly, de la chute d'Abd el-Kader à l'instauration du protectorat, se déroule une formidable partie d'échecs dont les pièces sont des êtres de chair et de sang. Entourés d'espions de tout bord, les protagonistes de cette grande saga verront leurs espoirs et leurs destins brisés.

  • Guerre

    Louis-Ferdinand Céline

    • Gallimard
    • 5 Mai 2022

    Parmi les manuscrits de Louis-Ferdinand Céline récemment retrouvés figurait une liasse de deux cent cinquante feuillets révélant un roman dont l'action se situe dans les Flandres durant la Grande Guerre. Avec la transcription de ce manuscrit de premier jet, écrit quelque deux ans après la parution de Voyage au bout de la nuit (1932), une pièce capitale de l'oeuvre de l'écrivain est mise au jour. Car Céline, entre récit autobiographique et oeuvre d'imagination, y lève le voile sur l'expérience centrale de son existence : le traumatisme physique et moral du front, dans l'"abattoir international en folie". On y suit la convalescence du brigadier Ferdinand depuis le moment où, gravement blessé, il reprend conscience sur le champ de bataille jusqu'à son départ pour Londres. À l'hôpital de Peurdu-sur-la-lys, objet de toutes les attentions d'une infirmière entreprenante, Ferdinand, s'étant lié d'amitié au souteneur Bébert, trompe la mort et s'affranchit du destin qui lui était jusqu'alors promis. Ce temps brutal de la désillusion et de la prise de conscience, que l'auteur n'avait jamais abordé sous la forme d'un récit littéraire autonome, apparaît ici dans sa lumière la plus crue. Vingt ans après 14, le passé, "toujours saoul d'oubli", prend des "petites mélodies en route qu'on lui demandait pas". Mais il reste vivant, à jamais inoubliable, et Guerre en témoigne tout autant que la suite de l'oeuvre de Céline.

  • Le procès des rats

    Charles Daubas

    • Gallimard
    • 5 Mai 2022

    "Je demande que les rats puissent être entendus avant d'être condamnés. Que l'on ajourne le procès, et que dans chaque paroisse soit réalisé un affichage qui tienne compte de la hauteur des bêtes, afin que l'information soit aisée et juste. Rappelons-nous qu'il y va du salut de nos âmes. Car il n'y a pas d'autre juge que Dieu. Et il ne nous revient pas à nous, ses créatures parmi les autres créatures, de dire à sa place lesquelles valent plus que les autres."

    En 1510 l'évêché d'Autun intente un procès à des rats. Un jeune avocat entame une défense des rongeurs qui changera la jurisprudence. Face à lui, des religieux dont le monde vacille et une population qui souffre après de sombres années de peste. Parmi ces gens ' d'en bas ', un boucher et ses apprentis vont être les protagonistes d'une étrange affaire se déroulant dans la forêt où se sont réfugiés une adolescente et un ours savant, là où la magie du paganisme est encore présente...
    Charles Daubas s'attaque au sujet très contemporain du statut des animaux à travers un roman historique et poétique, passionnant par son intrigue et ses problématiques philosophiques.

  • La fille de la piscine

    Lea Tourret

    • Gallimard
    • 5 Mai 2022

    "Mais alors que je m'apprête à rejoindre nos serviettes, je ressens derrière moi un souffle d'air provoqué par la chute d'un corps et ça me donne la chair de poule sur la nuque et les épaules. J'entends le fracas lourd et satisfaisant. J'ai l'impression que je viens tout juste de me débarrasser d'un cadavre dans un fleuve."

    Léna passe ses journées d'été à la piscine avec Max, son amie d'enfance, et Sabrina, dont elle vient de faire la connaissance. Elle observe le monde qui l'entoure, décrit de façon à la fois crue et sensuelle les corps dénudés, les jeux, les conversations, le désir qui s'insinue partout.
    Arrivent un jour deux garçons, Yannis et Lounès, que Léna trouve attirants. Habituellement réservée, elle fait preuve d'une audace inédite qui bouleverse bientôt l'équilibre entre les trois adolescentes...
    Léna scrute chaque geste, devine les intentions du moindre frôlement sans pour autant repérer l'annonce du drame qui se prépare dans l'atmosphère torride de la piscine.

  • Le mot amour - dialogues

    René de Ceccatty

    • Gallimard
    • 1 Mai 2022

    Le mot amour a, dans le langage, un statut très singulier : c'est un mot qu'il est facile de prononcer, mais qu'il est difficile d'entendre, l'eût-t-on longtemps attendu. Il a le pouvoir de donner vie et mort, les deux parfois se confondant.
    Les quatre dialogues réunis ici mettent en scène quatre couples que hante une amitié amoureuse : Artemisia Gentileschi et Galilée, Julie Talma et Benjamin Constant, Eleonora Duse et Gabriele D'Annunzio, Maria Callas et Pier Paolo Pasolini.
    Les quatre femmes sont des artistes qui vécurent la passion sur scène ou sur la toile. Toutes les quatre en ont retiré des plaisirs incertains. Artemisia fut tentée d'abandonner les sujets sanglants de ses tableaux. Julie renonça très vite à sa carrière de comédienne pour assurer celle de son mari. La Duse, enfant de la balle, aurait souhaité pouvoir se passer du public et du théâtre, mais, à l'exception de quelques mois de silence, ne se permit aucune pause et mourut en tournée. La Callas perdit sa voix et crut, l'espace de quelques années, préférer la vie à la scène, avant de comprendre qu'elle n'avait d'existence que par son art qui l'avait abandonnée.
    Toutes les quatre ont été, par ailleurs, sinon de grandes amoureuses, du moins des femmes obsédées par la représentation narcissique de l'amour, dans sa violence tragique. Aucune ne fut fidèle, aucune n'inspira de fidélité amoureuse.
    Les quatre hommes qui furent leurs amis respectifs multiplièrent liaisons ou aventures. Aucun ne connut d'amour heureux.

  • L'eloignement

    René de Ceccatty

    • Gallimard
    • 1 Mai 2022

    "Il restait encore des documents à découvrir sur la romancière morte Harriet Norman. Un film, qui n'avait pas encore été monté, la montrait sur une terrasse à Rome, au début des années soixante-dix. Cette terrasse où je devais, moi-même, par hasard, me retrouver trente ans plus tard et vivre une fois encore mon amour pour Hervé que je croyais perdu. À l'occasion d'un voyage en Amérique du Sud, dans une capitale hantée par des poètes français, j'ai retrouvé la trace d'Harriet et j'ai essayé de réfléchir au temps, à la persistance du sentiment amoureux, à la solitude, à la nécessité de la littérature. J'ai ranimé des figures réelles et imaginaires dans ce livre qui prolonge, de l'autre côté du monde, la passion que j'ai décrite dans Aimer et dans Consolation provisoire. Il n'y a pas de dernier mot."
    René de Ceccatty.

  • Séculaires

    Olivier Barbarant

    • Gallimard
    • 21 Avril 2022

    Alternant poèmes lyriques et proses musicales, Séculaires fond magnifiquement l'autobiographie nostalgique mais sans complaisance aucune, aux mouvements de l'histoire, à ces ressacs dont le passage au XXIe siècle a donné l'exemple. À l'inquiétude intime d'une conscience déchirée entre le désenchantement et la volonté de ne pas s'y perdre répondent une secrète révolte et la persistance têtue de l'espoir d'un temps rajeuni. Tout cela est dit simplement, au plus près du sentiment, mais dans une langue poétique d'une exceptionnelle qualité, fluide, alerte, chantante, à chaque instant émouvante.

  • Le mage du Kremlin

    Giuliano Da Empoli

    • Gallimard
    • 14 Avril 2022

    "Toi non, bien sûr, Vadim, tu es un poète. Un poète égaré parmi les loups."
    On l'appelait le Mage du Kremlin. L'énigmatique Vadim K. fut metteur en scène puis producteur d'émissions de téléréalité avant de devenir l'éminence grise de Poutine, dit le Tsar. Ayant démissionné de son poste de conseiller politique, les légendes sur son compte se multiplient, sans que nul ne puisse démêler le faux du vrai. Jusqu'à ce qu'une nuit, il confie son histoire au narrateur de ce livre... Cette histoire nous plonge au coeur du pouvoir russe, où courtisans et oligarques se livrent une guerre de tous les instants. Et où Vadim, devenu le principal spin doctor du régime, transforme un pays entier en un théâtre politique d'avant-garde, au sein duquel il n'est d'autre réalité que l'accomplissement des souhaits du Tsar. Mais Vadim n'est pas un ambitieux comme les autres : entraîné dans les arcanes de plus en plus sombres du régime qu'il a contribué à construire, il fera tout pour s'en sortir, guidé par la mémoire de son grand-père - un aristocrate excentrique rescapé de la Révolution - et par l'envoûtante et impitoyable Ksenia, dont il est épris. Le mage du Kremlin, où l'on croise Limonov et Kasparov, des hommes d'affaires, des mannequins et tous les symboles du régime, nous entraîne au coeur du système Poutine.

  • Rouge nu

    Benjamin de Laforcade

    • Gallimard
    • 14 Avril 2022

    C'est pour apprendre à peindre qu'Ezra a quitté sa petite ville natale et s'est installé à Berlin. Pour étudier auprès du grand maître Andreas Mauser et découvrir le chef-d'oeuvre qu'il cache au-dessus de son atelier. Dans l'ambiance envoûtante de la capitale allemande, Ezra se lie d'amitié avec de jeunes artistes, tisse des liens profonds avec sa voisine de palier et l'enfant qu'elle élève seule. Alors qu'une grande rétrospective du peintre se prépare, Ezra est choisi par Andreas Mauser pour l'assister dans son travail. Ce qui se passe dans l'atelier du maître, Ezra n'en parlera à personne. Il y a des secrets qu'il vaut mieux garder pour soi. Certains hommes sont trop grands pour cesser d'être admirés.

  • Paysages de nuit

    Diane Château-Alaberdina

    • Gallimard
    • 7 Avril 2022

    "Pour Sonia, la nuit a quelque chose d'électrique, d'impalpable. Toute la tension de la journée s'évanouit d'un coup. Les yeux deviennent lourds, les ventres se détendent. La sexualité prend une autre forme. Sur le chemin du retour, elle colle son visage à la vitre. Les paysages défilent, les bâtiments de la ville laissent doucement place aux champs et aux bois. Pendant le trajet, elle jette des coups d'oeil discrets sur Adam. Il ne semble pas dérangé par le silence. Une envie prend Sonia, celle de toucher son visage."

    Katarine élève seule sa fille Sonia dans une maison au bord de la forêt. Lorsqu'elle tombe amoureuse d'Adam, la relation fusionnelle entre les deux femmes est troublée. Mais chez la jeune fille de dix-sept ans, romantique et passionnée, l'attachement pour ce nouveau beau-père se transforme rapidement en un désir d'autant plus puissant qu'il est interdit.

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