Gallimard

  • Quercus ; le séminaire des nuits Nouv.

    Quercus est le mot latin pour désigner le chêne ; l'auteur, qui dit avoir vécu, enfant, entouré, de chênes, se lance ici, après Virgile et accompagné de Gianni Burattoni et de ses dessins, dans une série de bucoliques. C'est un chant de vie exalté, une déclaration de panthéisme athée assez rare dans la poésie contemporaine. Le séminaire des nuits est une plongée dans le monde fantasmatique de la nuit, avec ses frayeurs enfantines et ses dérives adultes, sa mélancolie et la solitude. Le côté varoque, la tonalité et la maîtrise de cette poésie sont les marques de cet auteur.

  • La fête invisible Nouv.

    Il y a dans cette centaine de poèmes en vers et en prose autour de la beauté, de son aura, de son approche, de son mystère, quelque chose qui s'apparente à un feu d'artifice. Le ciel poétique en est comme bouleversé. Y concourent des brassées d'images étonnantes, portées par des rythmes inattendus, et soutenues par une grande maîtrise de la langue et le naturel de son expression. C'est un véritable art poétique qui se déploie ici et nous rappelle que la poésie est bien la manière de rendre accessible, évident, ce qui reste inexprimable.

  • Graduel Nouv.

    Étroitement liés aux sentiments religieux de l'auteur, les poèmes de ce nouveau recueil conduisent graduellement le lecteur du quotidien assombri du monde à la lumière intérieure et à la joie ; de l'effacement de Dieu à sa réapparition, cette "voix derrière la porte" qui appelle et qui réjouit. Dans cette montée en vers délicatement harmonieux, Jean-Pierre Lemaire mêle aux impressions de la vie courante, aux beautés de la nature, de nombreuses références au divin ; mais il établit un tel équilibre entre ces éléments de l'existence que sa sensibilité poétique et les données de sa foi peuvent s'y exprimer sans s'exposer à aucune prévention. C'est là assurément l'oeuvre d'une maturité discrète et que sa discrétion impose.

  • L'île silencieuse Nouv.

    Quatre personnes qui n'ont aucune raison de se croiser - un directeur de revue engagé dans un projet artistique un peu fumeux, une jeune escort qui aspire à se voir reconnue comme artiste, un colonel à la retraite, ancien des services de renseignement qui a quelques comptes à régler avec son passé, une philosophe qui attend de connaître les résultats d'examens de santé - se retrouvent pour trois jours à l'abbaye de Lérins, sur l'île Saint-Honorat.
    Pendant ces trois journées scandées par les offices des moines, soumis à la règle du silence une bonne partie du temps, des rencontres inattendues vont s'opérer, des affinités surprenantes se découvrir, des secrets longtemps refoulés se révéler.

  • Préhistoires Nouv.

    Préhistoires

    Jean Rouaud

    "C'est la plus belle énigme de l'histoire du monde.
    Pas la plus mystérieuse, la plus belle. Une litanie de splendeurs : Lascaux, Rouffignac, Niaux, Pech-Merle, Font-de-Gaume, Altamira, le Roc-aux-Sorcières, Chauvet, Cussac, devant quoi on reste bouche bée, médusé. Ceux-là, qu'on imaginait en brutes épaisses tout juste descendues du singe, qu'on habillait de peaux de bêtes et qu'on coiffait avec un clou, ceux-là en savaient aussi long que nous sur la meilleure part de nous-mêmes. Quant à comprendre ce qui leur passait par la tête, comment on en vient à s'enfoncer sous terre, en rampant parfois, pour peindre des merveilles qui échapperont au regard de la petite multitude du temps, il nous reste à l'imaginer. Le paléo-circus, ce serait donc l'histoire du premier coup de pinceau. Mais nos ancêtres n'en restèrent pas là. Quelques milliers d'années plus tard, en bord de mer, ils inventaient le premier site en ligne. Bien sûr. À Carnac."
    Jean Rouaud.

  • En mémoire d'une saison de pluie Nouv.

    À l'origine de ce récit, l'escapade de trois jeunes gens dans une vieille demeure, Bois Clair, où allaient se graver ces scènes primitives de l'amitié et de l'amour, comme un Âge d'or et d'innocence, au fond d'une forêt d'automne battue de pluie et poésie.
    Pour ne pas gâcher l'amitié et l'amour, ni couper trop tôt sa prose juvénile de l'émotion qui l'avait fait naître, il aura fallu au narrateur poursuivre le plus loin possible son voyage initiatique après la mort de ses amis, le jeune homme et Diane, et leur image roussie, de l'autre côté.
    On reconnaîtra peut-être un philosophe, dont le suicide du haut de la tour Montparnasse n'aura cessé de hanter l'auteur, et sa femme, une essayiste et romancière, qui lui survécut une trentaine d'années et inspira, entre autres figures féminines, le personnage de Diane.

  • La mélancolie du monde sauvage Nouv.

    « J'ai appris à connaître toutes les pierres de la rivière. J'ai compris que ces pierres n'ont pas besoin d'apprendre à me connaître ; que la nature n'a pas besoin de moi. Que moi seule ai besoin d'elle. »
    Rien ne destinait Sabrina à une carrière artistique. Élevée par une mère fragile dans un milieu modeste, elle a peu de perspectives d'avenir. Jusqu'au jour où, lors de la visite scolaire du musée Rodin, elle découvre sa vocation : elle consacrera sa vie à l'art. Dès lors, Sabrina se voue totalement à ce projet. La précarité étudiante est vite compensée par les amitiés fortes et la richesse des recherches artistiques. Mais les soubresauts de sa vie amoureuse et les bouleversements d'un monde dont l'effondrement semble inéluctable ne tardent pas à infléchir sa trajectoire.
    À travers le destin d'une artiste contemporaine, Katrina Kalda interroge la place de l'art dans un univers en crise. Son écriture, harmonieuse et assurée, soutient ce roman plein d'émotions.

  • Un jour qui était la nuit Nouv.

    "Voilà réunis quinze récits menuisés au cours des récentes années. Un poète russe est tant amoureux qu'il va chevaucher la Volga, un homme de gauche grisé par son pouvoir sur quelques amis incline vers la dictature. C'est pour assister à une très particulière mise à mort que le village se rassemble. Et l'ingénieur de la mine de cuivre, est-ce lui qui a rencontré une actrice ? Comment les trois paysans ivres ont-ils trouvé le trou de la serrure ? À l'évidence, le passé s'augmente d'un avenir ! Le sacristain qui tout à l'heure contait l'église voudra sonner les cloches et le marchand de bestiaux, son camion grand ouvert, redouble cris et coups de bâton sur le dos des vaches."
    J.-L. T.

  • Une femme de feu : le roman de la Malibran Nouv.

    Maria Malibran a été la Callas du XIXe siècle. Espagnole née à Paris, devenant la plus grande diva de son époque et vivant une passion amoureuse brisée par une mort tragique à vingt-huit ans : son destin est celui d'un personnage de roman. Durant les dernières semaines de sa vie, elle se raconte dans cette autobiographie imaginaire décrivant une femme, avec ce feu qui brûle en elle, une époque, avec ses mille et une transformations, et un milieu, celui de l'opéra et de la société qui gravite autour avec ses flamboiements et ses ombres.

  • Correspondance (1931-1944) Nouv.

    Buenos Aires, septembre 1930. Antoine de Saint-Exupéry, chef d'exploitation de l'Aeroposta Argentina, fait la connaissance de Consuelo Suncín Sandoval, la jeune veuve salvadorienne de l'écrivain Enrique Gómez Carrillo. Après quelques semaines de vie commune en Argentine, ils choisissent de se marier en France auprès de la famille de l'aviateur.
    Mais la vie conjugale du couple sera un parcours bien chaotique, malgré tout ce qui les réunit - et en premier lieu leur imaginaire commun, peuplé d'étoiles, de petits animaux et de toutes sortes de trésors. L'aventureux ' Tonio ' attend de son épouse une attention et un réconfort de tous les instants que le tempérament de celle-ci, éprise de liberté et douée d'une irréductible fantaisie, ne peut lui apporter continûment.
    Mais Antoine et Consuelo ne se délieront jamais de leur alliance, pourtant soumise à des polarités contradictoires. Sacrée à leurs yeux, elle les réunira dans les moments les plus difficiles, jusqu'à New York où l'écrivain se trouve exilé entre 1941 et 1943. Et la promesse réciproque d'un amour inconditionnel leur permettra de supporter, non sans souffrance, l'éloignement et l'inquiétude, lorsque l'engagement militaire de l'écrivain les rendra inévitables - jusqu'à la fin tragique de juillet 1944.
    Ces années sont aussi celles de l'écriture du Petit Prince - une fable qui illumine, en leur donnant son sens le plus profond, ces lettres souvent déchirantes d'émotion, où alternent la grâce et le désarroi, la défiance et la lumière. Un jeune prince voyageur, une rose et son globe : nous y sommes ! ' Il était une fois un enfant qui avait découvert un trésor ', écrit Antoine de Saint-Exupéry dans sa première lettre à Consuelo. ' Mais ce trésor était trop beau pour un enfant dont les yeux ne savaient pas bien le comprendre ni les bras le contenir. Alors l'enfant devint mélancolique. 

  • Olympia Nouv.

    Olympia

    Paul-Henry Bizon

    Jeune femme puissante, Roxanne Vidal dirige le marketing d'un grand groupe horloger suisse. Pour la campagne publicitaire des Jeux de Paris 2024, elle décide de faire de Marie-José Pérec son égérie. En visionnant ses exploits, elle se persuade que cette dernière a disparu après sa défection à Sydney. Cette « révélation » va bouleverser sa vie et faire resurgir des souvenirs qu'elle croyait enfouis à jamais dans les ruines d'Olympia, un stade abandonné devenu l'utopie d'une communauté d'athlètes.
    "J'ai voulu faire d'Olympia un sanctuaire sans compétition, sans violence, un endroit que mes soeurs et mes frères pourraient habiter en oiseaux."

  • La peau des nuits cubaines Nouv.

    "Je la revois dansant nue dans la pénombre de la chambre. Pendant plus d'une heure, au bord de la folie, elle m'offre ce que j'aime le plus chez elle. Puis le souvenir de la flamme s'éteint et ne restent plus que les traces de sa violence : mon dos qu'elle a labouré avec ses ongles jusqu'au sang. Il fallait bien qu'elle exprime sa fureur, sa tristesse de tigresse en cage qui me reproche de partir bientôt, libre d'aller et venir à ma guise alors qu'elle est enfermée sur cette île noire, ce grand purgatoire des solitudes."
    Un cinéaste se rend à La Havane pour y tourner un documentaire. Il y rencontre Chaytan, un Iranien en exil, qui lui servira de guide à travers tous les lieux mal famés de "la capitale des douleurs". Leurs errances nocturnes les plongent dans un film noir.

  • Lorsqu'en février 1956 Romain Gary arrive à Los Angeles, le compagnon de la Libération n'a pas encore eu le Goncourt pour Les racines du ciel et n'a pas commencé à écrire La promesse de l'aube. Durant les quatre années où il exerce le poste de consul général de France dans la Cité des Anges se nouent tous les fils d'une histoire hollywoodienne qui va bouleverser à la fois l'homme et son oeuvre.
    Monsieur Romain Gary est le récit de la transformation d'un homme qui, par-delà ses multiples vies, cherche toujours à se réinventer. C'est aussi la fresque d'une époque intense sur laquelle souffle un grand vent de liberté.

  • À la mort de sa mère, Paloma hérite d'une maison abandonnée, chargée de secrets au pied des montagnes cévenoles. Tout d'abord décidée à s'en débarrasser, elle choisit sur un coup de tête de s'installer dans la vieille demeure et de la restaurer. La rencontre de Jacques, un entrepreneur de la région, son attachement naissant pour lui, réveillent chez cette femme qui n'attendait pourtant plus rien de l'existence bien des fragilités et des espoirs.
    Ode à la nature et à l'amour, Saint Jacques s'inscrit dans la lignée de Suiza, le premier roman de Bénédicte Belpois, paru en 2019 aux Éditions Gallimard. Avec une simplicité et une sincérité à nulles autres pareilles, l'auteure nous offre une galerie de personnages abîmés par la vie mais terriblement touchants.

  • "Chaque année avant les adieux, Nina organisait le partage des figues du mois d'août. Des dizaines de petits doigts s'agrippaient aux branches, tâtaient la pulpe molle des fruits avant de les arracher. Le sol se couvrait de violet. On rentrait à la maison avec de la sève blanche sur les doigts et, dans la bouche, ce goût sucré et granuleux qui marquait la fin de l'été."
    Dans la grande maison familiale au bord de la Méditerranée, Gaïa vient de mourir. May, sa petite-fille, qui a grandi en France, éprouve le besoin de passer quelques mois dans la maison avant sa mise en vente, en dehors de la belle saison. Elle y découvre, en même temps que la réalité d'un pays qu'elle croyait familier, le passé des femmes de sa lignée. En particulier celui de Nina, la fille adoptive de Gaïa, tenue écartée de l'héritage. Le paradis de son enfance se révèle rempli de blessures gardées secrètes.
    Derrière la sensualité du décor, Hajar Azell fait apparaître l'extrême violence des rapports familiaux et des interdits sociaux qui pèsent principalement sur les femmes. Elle décrit aussi les coulisses du bonheur, les parenthèses ensoleillées des vacances en famille qui laisseront au coeur de ceux qui repartent une profonde nostalgie et chez ceux qui restent une douleur lancinante.

  • « Dans cette ville de cyniques, où personne ne croit en rien de peur de se faire avoir, je voudrais parler de Felice et Noé qui sont les seules personnes de plus de vingt-cinq ans à croire à ce qu'ils vivent. Je voudrais parler de ça, de l'amour d'un homme et d'une femme, parler de l'impossible qui a lieu, parler de ceci qui n'a aucun témoin, de ceci tellement intime qu'il est invisible à ceux qui ne le vivent pas, je voudrais parler de ceci dont on ne peut qu'interpréter les signes ou inventer les scènes. Je voudrais savoir pourquoi deux personnes peuvent rester côte à côte, se frotter longuement l'une à l'autre, et y prendre plaisir ; et continuer pendant des années. »

    Lors d'un été de canicule, secoué par la crise des Gilets jaunes, un romancier désabusé veut croire qu'on peut encore écrire sur le grand amour. Et le vivre. Felice et Noé, une avocate et un dessinateur que tout semble séparer, l'entraînent alors dans le secret de leur couple : le goût du risque, la soif de désir et de beauté. Avec ce roman d'enquête intime, Alexis Jenni choisit la ligne claire et dessine l'amour dans toutes ses dimensions, sensuelle et spirituelle.

  • "C'est l'histoire du "Home Pasteur", une vraie pension de famille (sise naguère au 57 rue de Babylone, Paris 7e), depuis la descente de la Gestapo, du temps de Mme Sabelli, jusqu'à sa petite-fille, mon amie Pia qui, en cette rentrée 1974, rêve de conventions bourgeoises alors que je veux les faire exploser. Voici son père Samuel, hypermnésique, hypercultivé, qui produit des disques classiques pour une introuvable élite, et sa mère, Cocotte, généreuse et toutepuissante, qui nourrit tout son monde en lisant Proust et en cachant Charlie Hebdo à sa propriétaire catho. Et voici ses pensionnaires hauts en couleur allant du vieux sociétaire de la Comédie-Française qui ne veut jamais se laver aux jeunes Américaines qui découvrent Paris, le sexe et la culture. Quelques diables viennent noircir le tableau, comme le fils de la maison et son mauvais génie, scénariste de Chabrol qui finira assassiné par sa femme une nuit de Noël... Bien-aimée lectrice, lecteur bien-aimé, puissiez-vous les aimer comme moi !"
    Alix de Saint-André

  • "Le type montait sur le toit de la maison et faisait avec un drapeau des grands signes à on ne savait trop qui.
    Jean-Paul, ça l'incommodait. Certainement. Ça le mettait mal à l'aise. Il avait acheté le terrain, la ferme, et il s'était assuré qu'il n'y avait pas de nuisances, voie ferrée, pylônes haute tension, porcherie nauséabonde dans l'entourage. Il ne pouvait prévoir que sur le toit de la paisible maison voisine, où habitait un notaire à la retraite, un énergumène viendrait lui susciter des angoisses. Parce que c'était d'angoisse qu'il s'agissait. Nulle autre nuisance. Le bonhomme ne criait pas, ne faisait rien de répréhensible. Mais il portait un uniforme militaire, treillis et casquette de l'armée serbe, et agitait un drapeau rouge. Debout sur le toit."
    Dans les montagnes de Serbie, une maison tranquille devient le rendez-vous des amateurs de soucoupes volantes.
    À Bruxelles, l'enregistrement d'un virtuose du violon fait apparaître des fantômes.
    À Kosice, Slovaquie, un homme adopte un ours.
    Un autre oublie son téléphone dans un restaurant d'Oslo.
    À Paris, des collectionneurs sans scrupule se refilent un douteux manuscrit de Napoléon...
    Entre réalisme grinçant et fantastique teinté d'une mélancolie légère, ces dix-sept nouvelles de Grégoire Polet restituent avec vigueur et humour la vérité des êtres, tout en laissant une place au rêve.

  • "Mon dernier frère était comme nous à la différence qu'il parlait mal. Il faut imaginer sa parole comme des fragments abîmés : certains mots sont mal articulés, d'autres sont déformés et parfois incompréhensibles, les derniers sont aussi inutiles que des jouets cassés dans un grenier."
    Séverin est le benjamin d'une fratrie de quatre garçons. Il est autiste, mais personne ne prononce ce mot, peu familier dans les années 1980. Ses parents ont fait le choix de ne pas creuser son écart d'avec le monde et toute la famille cherche à appréhender de manière décalée cette expérience étrange de la parole. Ainsi, la langue de Séverin, difficilement compréhensible, devient une langue partagée, un élément de cohésion. C'est à elle que son frère aîné, Matthieu, rend hommage avec ce roman autobiographique.

  • « J'expliquai que les religions toutes également me battaient froid. Me fondant sur des baromètres trompeurs j'avais imaginé pour ma fille un monde débarrassé de ces excentricités-là comme on parvint de le faire pour le géocentrisme ou la variole. L'autre passager retint mal son sourire : au contraire, murmura-t-il, on voyait sans peine à quel haut degré de fascination me jetaient les choses de la foi et l'énigme de croire. Je ne trouvai à répondre qu'en sortant de l'aéroport, dans la congestion générale de la porte de l'Est où les taxis au point mort font
    tourner le compteur avec une pointe de Bic : les religions, aurais-je dû protester, ne suscitaient mon intérêt que dans leurs dysfonctionnements. »
    Ce carnet restitue sur le mode de la diffraction une vision fantasmée de la Ville immense. En choisissant ce moment particulier où la fatigue du jeûne en révèle les points d'usure, l'auteur porte aussi un regard ironique et tendre sur les ratés de la
    rencontre entre le dogme religieux et la nature humaine.

  • Le lièvre

    Frédéric Boyer

    C'est l'histoire d'une année, peut-être deux, dans la vie d'un petit garçon. L'histoire d'une rencontre avec un personnage héroïque à ses yeux d'enfant de onze ou douze ans. Ce souvenir revient beaucoup plus tard, après qu'il a traversé plusieurs deuils, sous les mains d'un étrange thérapeute que le narrateur appelle le ' chaman '. Le souvenir de virées magiques, pour s'arracher de sa famille en compagnie de cet homme hâbleur, drôle et violent. Perdu jusque dans sa passion pour la vie.
    C'est une matinée de chasse. La mort d'un lièvre. Un lièvre dont il faudra bien faire et dire quelque chose.
    Un cadavre encombrant qui mettra des années à réapparaître.

  • Graal proustien, les "soixante-quinze feuillets" de très grand format étaient devenus légendaires. La seule trace qui en existait était l'allusion qu'y faisait Bernard de Fallois, en 1954, dans la préface du Contre Sainte-Beuve. En 1962, ils n'avaient pas rejoint la Bibliothèque nationale avec le reste des manuscrits de l'auteur de Swann. Leur réapparition en 2018 à la mort de Bernard de Fallois, après plus d'un demi-siècle de vaines recherches, est un coup de tonnerre.
    Car les insaisissables "soixante-quinze feuillets" de 1908 sont une pièce essentielle du puzzle. Bien antérieurs au Contre Sainte-Beuve, ils ne font pas que nous livrer la plus ancienne version d'À la recherche du temps perdu. Par les clés de lecture que l'écrivain y a comme oubliées, ils donnent accès à la crypte proustienne primitive. "Un livre est un grand cimetière où sur la plupart des tombes on ne peut plus lire les noms effacés", lit-on dans Le Temps retrouvé : mais ici, le temps n'a pas encore effacé tous les noms.

  • Jacky

    Geneviève Damas

    Ibrahim Bentaieb, jeune Belge d'origine marocaine, fiché S, doit réaliser un mémoire de fin de lycée sur un sujet de société. Mais il est en décrochage scolaire et décide de jeter l'éponge, quitte à redoubler. Cependant son professeur veut à tout prix qu'il s'en sorte : « Choisis un sujet qui t'intéresse, peu importe ce que ce sera. » Ibrahim décide alors de consacrer son travail à Jacky, rencontré quelques mois plus tôt lors d'un atelier interécoles ; il venait de Beth-Yaldout, un lycée juif des quartiers chics de Bruxelles.
    Geneviève Damas réunit ici avec justesse et émotion deux mondes en apparence irréconciliables.

  • Soizic, vingt-deux ans, monte à Paris sur un coup de tête pour fuir une jeunesse sans perspectives. Elle se jette dans une ville où personne ne l'attend, vit de jour comme de nuit, découvre la débrouille, la violence et la beauté de la capitale.
    Un peu par hasard, elle devient bouquiniste sur les quais de Seine. Entre les livres, les bibliophiles et les touristes, au milieu des passants et des égarés, elle tourne la page de l'enfance et se construit une nouvelle vie.
    Mais pour vraiment y parvenir, inventer sa liberté et son monde, elle devra se confronter à un passé qui s'est fait sans elle et retrouver une mère qui l'a abandonnée.

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