Anna Moï

  • Douze palais de mémoire Nouv.

    Un père et sa fille de six ans, Khanh et Tiên, fuient leur pays sur un bateau de pêche, dans l'espoir de rejoindre les États-Unis. Les voix du père et de la fillette alternent, mêlant souvenirs de la vie au pays et récit de la traversée, pour reconstituer l'histoire, petite et grande, qui les a menés là. Contrairement à Khanh, la petite Tiên n'a pas conscience de la gravité des événements qui les condamnent à l'exil. Sa candeur et son espièglerie apportent une note de poésie au drame de leur situation. Ce qui les a conduits sur ce bateau, ce n'est pas seulement la dureté du régime communiste qui oppresse le pays : c'est aussi un lourd secret de famille.
    Un roman de la mer poétique et drôle, parfois teinté de mélancolie. La grâce chatoyante de certaines descriptions de lieux, de mets, de paysages se mêle à la peinture délicate des émotions et des sentiments. La mémoire est au centre du récit, les fragments du passé s'entrechoquent dans l'évocation d'une existence chaotique et cependant pleine d'amour.

  • Le venin du papillon

    Anna Moï

    Pendant une année de sa vie, Xuân caracole à travers une adolescence qui s'achève en accéléré, sur fond d'ère postcoloniale française et de guerre américaine, dans un pays non nommé qui pourrait être le Vietnam. Ba, son père, est un officier militaire excentrique. Sa mère, Mae, exerce les métiers les plus improbables afin de joindre les deux bouts. Préoccupée par ses seins trop petits, Xuân l'est également par les positions yogiques et politiques de Ba, l'animisme de sa mère, le décompte quotidien des morts de la guerre et le climat urbain explosif. Elle est initiée au sexe par Edgar, un énarque membre des services de renseignement français, et se joint à une bande incontrôlable qui s'adonne aux rodéos à moto dans la ville et à tous les excès : drogue, alcool, sexualité débridée.

    Loin du climat nostalgique propre aux réminiscences de la jeunesse enfuie, le ton à la fois caustique et sensuel, très tonique du récit le rend particulièrement attachant. Chez Anna Moï la jeunesse a raison de tout, même des désastres historiques et des tragédies guerrières.

  • Elles sont deux écrivaines nées dans le même pays. C'est le Viet-nâm... et ce n'est pas le Viet-nâm. C'est le Pays sans nom. À partir de ce fil, Anna Moï déambule avec Marguerite Duras dans des lieux qui leur sont mythes communs - le passage Éden, le bac, les bungalows, les voitures de légende, le Mékong - revisités de nos jours. En filigrane s'écrit une histoire d'amour avec un homme auquel Anna Moï s'adresse en creux, sans jamais le nommer. Ce texte, écrit avec toute la malice et la tendresse qui caractérisent son auteure, est un vrai délice pour tous les amoureux de la littérature, du Viet-nâm, d'Anna Moï et de Marguerite Duras. Anna Moï est née à Saigon (Viet-nâm) en 1955. Styliste et écrivaine, elle vit entre Paris et Hô-Chi-Minh-Ville. Elle a déjà publié, chez le même éditeur, Nostalgie de la rizière et, aux éditions Gallimard, Riz noir et Le Venin du papillon.

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