Georges Bensoussan

  • Un exil français : un historien face à la Justice Nouv.

    Lors d'une émission de radio en 2015, l'historien Georges Bensoussaneut le malheur de dénoncer la recrudescence d'un antisémitisme arabomusulmanen France. Il citait un sociologue et s'appuyait surtout sur sesnombreuses enquêtes de terrain.Qu'avait-il donc fait ! Il fut aussitôt attaqué en justice par plusieursassociations anti-racistes, lâchement soutenues par le Ministère public,l'accusant, lui qui a dédié sa vie professionnelle à la mémoire de la Shoah,de racisme. Identifier l'antisémitisme d'extrême-droite est une nécessitémais lorsque la haine du Juif émane d'individus issues de l'immigrationmusulmane, serait-ce interdit ?Ce procès, le fait même qu'il ait eu lieu, en dit long sur notre société. Surles passions policières qui animent certains, sur le contrôle de plus en plusétroit de la liberté d'expression et sur la puissance du courant islamiste quitraverse le pays.La frilosité de quelques institutionnels de la communauté juive et plus encorela mise à l'écart dont fut ensuite victime Georges Bensoussan doivent aussiinterroger. Il fallait faire taire cet homme puisqu'il faisait s'effondrer lescertitudes qui rassurent, celles qui ménagent l'ordre établi et la position des« puissants ».Qu'est devenu ce pays, le nôtre, où celui qui dénonce le mal doit êtrecondamné et où, à force de vouloir à tout prix cacher le danger qui menaceles Juifs, élites et médias s'aveuglent volontairement sur le péril qui guette lanation tout entière ?

  • Atlas numérique optimisé pour une lecture sur tablette. 
    Le format EPUB3 permet de profiter de toutes les fonctionnalités de la lecture interactive : zoom HD sur les cartes, indexation, recherche in texte, navigation hypertextuelle, tables des matières interactives, textes en POP-UP, environnement ergonomique personnalisable.
    En une centaine de cartes et d'infographies, cet atlas inédit retrace l'histoire de l'une des plus grandes tragédies du XXe siècle, la Shoah.
    Les racines intellectuelles du génocide : le rôle joué par la diffusion de l'antisémitisme et du darwinisme racial en Europe au XIXe siècle.
    Une approche géographique originale qui met en évidence la concentration spatiale des centres de mise à mort, les accélérations, la concomitance et la coordination des phases du génocide, et qui souligne ainsi son caractère planifié.
    Une analyse à différentes échelles : du théâtre mondial à l'épicentre européen, des politiques d'État aux trajectoires individuelles.
    La cartographie permet une appréhension plus globale de cet événement historique sans précédent. Elle invite à interroger autrement ses origines, sa chronologie, son déploiement géographique et ses conséquences démographiques.

  • Entre 1939 et 1945, l'Allemagne nazie, secondée par de nombreuses complicités, a assassiné entre 5 et 6 millions de Juifs européens dans le silence quasi complet du monde. Le temps lui a manqué pour détruire le peuple juif tout entier, comme elle l'avait décidé. Telle est la réalité brute du génocide juif, en hébreu : shoah. La décision de « faire disparaître » le peuple juif de la terre signait la spécificité d'une entreprise, unique à ce jour, de modifier la configuration même de l'humanité. En ce sens, depuis Auschwitz, au-delà du seul peuple juif, notre statut même d'être humain est en question.

  • Née en 1860 dans un contexte antijuif particulièrement tendu, tant en Orient (affaire de Damas en 1840) qu'en Occident (affaire Mortara en 1858), l'Alliance israélite universelle s'est rapidement imposée comme la version juive de la « mission civilisatrice de la France ». À travers son réseau d'écoles modernes s'étendant du Maroc à la Perse, elle a contribué à l'émancipation de la condition juive comme à la modernisation des communautés juives et plus largement de leurs pays d'accueil. Mais elle s'est également retrouvée prise dans une série de controverses - avec les rabbins qui l'accusaient de saper les valeurs traditionnelles, avec le sionisme naissant - et de fantasmes antisémites. À travers son prisme, c'est toute l'histoire complexe des relations entre l'Europe, le monde musulman et les Juifs qui se donne à lire et nous ouvre à un autre regard sur les problématiques contemporaines.
    Georges Bensoussan, historien, est notamment l'auteur d'Une histoire intellectuelle et politique du sionisme (Fayard, 2002) ainsi que de Juifs en pays arabes. Le grand déracinement 1850-1975 (Tallandier, 2012).

  • Entre 1939 et 1945, l'Allemagne nazie, secondée par de nombreuses complicités, a assassiné entre 5 et 6 millions de Juifs européens dans le silence quasi complet du monde. Le temps lui a manqué pour détruire le peuple juif tout entier, comme elle l'avait décidé. Telle est la réalité brute du génocide juif, en hébreu : shoah.
    La décision de « faire disparaître » le peuple juif de la terre signait la spécificité d'une entreprise, unique à ce jour, de modifier la configuration même de l'humanité. En ce sens, depuis Auschwitz, au-delà du seul peuple juif, notre statut même d'être humain est en question. À lire également en Que sais-je ?...
    Le régime de Vichy, Henry Rousso
    Histoire du peuple hébreu, André Lemaire

  • Des décennies durant, on a cru que la catastrophe juive délégitimerait pour toujours l'antisémitisme. Pourtant, dès 1945, des pogroms étaient perpétrés en Pologne, tandis qu'en France les années 2000 ont vu grandir un antisémitisme inédit depuis la guerre. Si le génocide a débordé depuis longtemps le cadre des communautés juives, jusqu'à devenir en Occident un événement culturel, ça et là apparaissent des critiques sur sa place dans la mémoire collective. Ce sentiment de saturation relève en réalité d'une société qui a fait du génocide un alpha et un oméga de la création. Or, à l'inverse du but recherché, cette centralité mémorielle a fini par empêcher de penser le présent. La tragédie, souvent réduite à un slogan incolore, les « heures les plus sombres de notre histoire », nous fait oublier que ce présent est gros de tragédies nouvelles, par définition inédites. Et, dans le même élan, l'histoire juive, accaparée par le génocide, est accusée dans la concurrence des mémoires de masquer les autres récits.

  • Pour l'opinion commune, confortée par la proximité chronologique des deux événements, la naissance de l'État d'Israël en 1948 est une conséquence quasi directe de la Shoah. En effet, un lien essentiel relie de nos jours la catastrophe juive du XXe siècle à l'État d'Israël, mais ce lien est de nature politique et il est postérieur à 1948.
    Comment le Foyer national juif a-t-il perçu la catastrophe qui se déroulait entre 1933 et 1945 ? Comment l'État d'Israël a-t-il géré ensuite le souvenir d'un événement qu'il va longtemps commémorer en opposant l'héroïsme des insurgés des ghettos à la " lâcheté " supposée de toutes les autres victimes ? Loin d'occuper la place centrale qui est désormais la sienne dans l'État d'Israël, le souvenir de la Shoah suscita longtemps une attitude de honte et de rejet. Or, aujourd'hui, en particulier depuis les guerres des Six jours (1967) et de Kippour (1973), et à rebours du rêve de l'" homme nouveau " voulu par le sionisme des pères fondateurs, la Shoah est au coeur de la construction de l'identité israélienne. C'est notamment par elle que les Israéliens sont redevenus juifs au terme d'un processus mémoriel qui pourrait, à terme, contribuer à fragiliser la légitimité même de l'État juif.
    Historien et professeur d'histoire, Georges Bensoussan est notamment l'auteur de Auschwitz en héritage ? D'un bon usage de la mémoire (Mille et une nuits, 1998, rééd. 2003), d'une Histoire intellectuelle et politique du sionisme (Fayard, 2002), et d' Europe. Une passion génocidaire. Essai d'histoire culturelle (Mille et une nuits, 2006).

  • La paix des religions est-elle possible ? L'histoire n'en offre-t-elle pas des exemples ? La période d'Al Andalus ne fut-elle pas en effet celle d'une coexistence harmonieuse entre juifs, musulmans et chrétiens ? Refusant légende dorée des uns et manichéisme des autres, Georges Bensoussan montre que le monde arabe fut pour les minorités, juives notamment, une terre de protection mais aussi de soumission. À l'appui d'archives de toutes provenances, militaires, diplomatiques et administratives, ce sont ces relations qui sont ainsi restituées. Mais, plus qu'une histoire d'émancipation et de domination, il s'agit ici de comprendre comment se noue, sur la longue durée, depuis les racines médiévales jusqu'à la période tourmentée de la décolonisation, le rapport du monde musulman à la modernité occidentale. Georges Bensoussan est historien, spécialiste d'histoire culturelle de l'Europe des XIXe et XXe siècles, et notamment des mondes juifs. 

  • « Les Territoires perdus de la République » dénonçait déjà en 2004 l?école des banlieues rongées par le communautarisme, l?antisémitisme et le sexisme. Ce sont maintenant de véritables territoires interdits de la République. Enseignants, infirmières, assistantes sociales, maires, formateurs, policiers témoignent.
    La nouvelle enquête de Georges Bensoussan révèle la réalité et les enjeux de ce sectarisme qui met chaque jour un peu plus en péril notre démocratie.
    « Aujourd?hui, en France, on a peur de parler à visage découvert, tant on craint à juste titre les insultes, les représailles professionnelles et même les violences physiques qui peuvent s?en suivre. C?est dire combien notre lâcheté collective a affaibli notre démocratie. Coincés entre l?extrême droite qui rêve d?imposer le saucisson à tous et l?extrême gauche devenue dévote du religieux le plus sectaire, il n?est que temps de réagir : tendre la main à nos concitoyens musulmans qui adhérent aux lois et aux valeurs de notre République, tout en combattant sans défaillance, ceux qui n?aspirent qu?à nous imposer les leurs. »
    Élisabeth Badinter

  • Le 11 décembre 1898, la veuve du colonel Henry - l'officier qui avait falsifié les bordereaux permettant d'accuser Dreyfus - se place sous la protection de Drumont, auteur de La France juive et directeur du quotidien antisémite La libre parole. Le journal lance alors une souscription, appelée Monument Henry. 25 000 souscripteurs répondent à l'appel, chacun y allant de son commentaire. Georges Bensoussan analyse ces textes, la presse antisémite, et les archives de la police recensant ces appels à l'exclusion ou à l'extermination. Cette Idéologie du rejet explique comment, quarante et quelques années avant le régime de Vichy, des esprits anticipèrent et préparèrent la participation française au génocide perpétré par les nazis. En outre, bien des fantasmes d'alors, reportés aujourd'hui sur d'autres populations, sont encore d'une effarante actualité.

  • Sous l'effet de l'occupation par les Européens, les Juifs d'Orient, majoritairement séfarades, ont accédé à une forme de modernité culturelle et parfois à un réel développement économique et se sont affranchis de l'ancestral statut de dhimmis. Bientôt le conflit autour de la Palestine et la collusion de certains leaders arabes avec les pays de l'Axe ont fini de dissoudre les ultimes liens qu'une longue cohabitation avait jadis établis. Lorsque les puissances européennes durent lâcher prise, les Juifs furent contraints de partir et de former une autre diaspora, non sans avoir subi presque partout humiliation et spoliation, voire parfois violences et pogroms. Du Maroc à l'Égypte et de la Libye au Yémen sans oublier l'Irak et la Tunisie, des centaines de milliers d'habitants des pays arabo-musulmans se sont comme volatilisés en une génération à peine. En outre, ces minorités juives ont été éclipsées par la prédominance d'un judaïsme ashkénaze lui-même recouvert par l'ombre immense de la Shoah.

    Cet épisode de l'histoire du peuple juif, lourd d'innombrables drames humains, est aujourd'hui largement oublié, voire occulté. À l'appui d'une documentation inédite considérable, Georges Bensoussan envisage ce phénomène dans toute son épaisseur. Son livre, appelé à faire date, sera pour tous ses lecteurs une découverte et même pour une partie d'entre eux un véritable choc.

  • L'ouvrage Sport, corps et sociétés de masse, le projet d'un homme nouveau, met à disposition du grand public et des chercheurs, les communications présentées au colloque international organisé en novembre 2011 par le Mémorial de la Shoah et le Centre d'histoire de Sciences Po. 
    L'objectif était d'aborder, par un jeu de regards croisés, deux aspects de l'histoire des sociétés industrielles trop longtemps négligés par les chercheurs. D'une part, l'invention de politiques sportives par les régimes totalitaires et autoritaires européens ; d'autre part, l'émancipation et l'intégration des communautés juives dans les sociétés d'Europe et d'Amérique du Nord via le sport. Ces deux perspectives permettent tout d'abord de relire la place des exercices physiques gymnastiques ou sportifs dans l'invention de la modernité. Elles incitent également à revisiter l'importance du corps et de ses représentations dans les régimes totalitaires, sans sous-estimer la complexité de la formation de cet autre homme nouveau qu'est l'homo sportivus. À partir des Jeux de Berlin (1936), les deux histoires du sport autoritaire et totalitaire et du sport juif, deviennent indissociables tant les exercices corporels ont pu devenir un instrument d'exclusion, de persécution et d'anéantissement des Juifs, jusque dans les centres de mise à mort. Ils sont aussi demeurés un moyen d'émancipation, d'affirmation et de résistance, notamment sous le régime de Vichy et l'Occupation, sans toutefois que la question de l'épuration sportive ne soit véritablement posée à la Libération. 
    Cet ouvrage a été dirigé par Georges Bensoussan, responsable éditorial au Mémorial de la Shoah (Paris), Paul Dietschy, maître de conférences à l'université de Franche-Comté et chercheur au Centre d'histoire de Sciences Po (Paris) et au Laboratoire des sciences historiques (Besançon), Caroline François, coordinatrice d'expositions au Mémorial de la Shoah (Paris) et Hubert Strouk, coordinateur régional du Mémorial de la Shoah pour le sud de la France.

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