Julie Dufort

  • L'humour coïncide d'ordinaire avec les champs de significations de la gaieté, du divertissement, de la liberté et de la cohésion sociale. Sous ce vernis candide et conciliateur, l'humour est pourtant loin d'être une activité humaine dénuée de violence. Alors que certaines productions humoristiques (plaisanteries quotidiennes, stand-up, films, etc.) portent avec elles une violence aisément (re)connaissable, d'autres en couvent une qui se révèle être beaucoup plus subtile, qu'on peine à discerner. Le racisme, l'homophobie, le sexisme, la misogynie, la transphobie et le dédain des classes populaires sont encore largement banalisés. L'imperceptibilité de cette violence liée aux systèmes de domination est parfois telle qu'elle (pré)dispose certains groupes à en user, (re)produisant par cela les conditions de leur propre marginalisation. Ce phénomène, Pierre Bourdieu l'a nommé « violence symbolique ». En adoptant cette notion comme outil de travail, et en la revisitant, ce collectif examine les parts sombres de l'humour, sans cependant en négliger la puissance critique. Composé de réflexions théoriques et d'études de cas, cet ouvrage a pour but de rendre plus perceptibles ces liens qui unissent humour et violence, qu'on peine encore aujourd'hui à discerner.

  • Puisque l'humour semble si ordinaire - tout le monde rit et peut faire rire - il n'est généralement pas perçu comme un objet de recherche en science politique. Pourtant, quand l'on s'y attarde, les liens qui unissent le politique et l'humour saisissent par leur complexité. Pour certains, l'humour endort les foules et évite le politique par son cynisme inhérent. Pour d'autres, le rire est nécessairement politique par ses fonctions subversives et conservatrices.

    Il peut parodier le pouvoir en place tout comme pousser les gens à entrer dans la norme par la crainte qu'il inspire. Ce collectif est issu d'un désir partagé entre chercheurs de disséquer l'humour (satire, parodie ironie, comédie, etc.) et ses entrailles politiques. Il fait suite à un premier atelier de recherche, «L'humour comme la continuation de la politique par d'autres moyens», organisé à l'UQAM en 2012.

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