Lucie Taïeb

  • Les échappées

    Lucie Taïeb

    • L'ogre
    • 5 Septembre 2019

    « Les échappées », c'est le récit d'une émancipation. On suit des femmes qui ont choisi la fuite par courage, pour se sauver et sauver celles et ceux qu'elles aiment, pour échapper à une parole autoritaire et mensongère, à un pouvoir oppressant et destructeur. Lucie Taïeb noue, en deux intrigues parallèles, un drame qui met en opposition, dans la sphère intime et dans la sphère politique, des individus isolés face à un pouvoir qui pourrait les écraser, mais dont ils parviennent à s'affranchir. Le roman s'achève, après trois saisons d'errance (ETE, AUTOMNE, HIVER), sur un printemps où renaît l'espoir, un printemps de résilience (dans la sphère intime) et de révolte (dans la sphère politique).

    Lucie Taïeb, née à Paris en 1977, enseignante-chercheuse, est auteur de textes en revue, elle consacre ses recherches à la place des déchets dans les sociétés occidentales. Elle est auteure de plusieurs recueils de poèmes, et de deux essais. Elle est également traductrice et maître de conférences en études germaniques à l'Université de Bretagne Occidentale. Son premier roman "Safe", a paru aux éditions de l'Ogre en 2016.

  • Safe

    Lucie Taïeb

    • L'ogre
    • 18 Juillet 2020

    Je me taperais la tête contre les murs. Si j'étais moi je me taperais continuellement la tête contre les murs. Pas seulement la tête d'ailleurs. Je me taperais continuellement contre les murs (si). Je m'élancerais contre les murs pour qu'ils se fissurent. Je me cognerais incessamment contre tout mur visible ou invisible contre toute porte fermée que je préfèrerais tenter d'enfoncer plutôt que de l'ouvrir. J'irais en force. Je serais couverte de bleus. Je ne me ferais jamais vraiment mal mais si j'étais vraiment moi je me ferais vraiment mal. Je me briserais. Je détruirais mon propre coeur sauvage. J'arracherais mon propre coeur sauvage et ses multiples racines et liens de chair puis au réveil je constaterais qu'il est toujours en place. Alors, nous ferions l'amour et j'irais me baigner longuement. Je ferais en sorte de ne pas me réveiller. Je nagerais sous l'eau et je n'aurais pas besoin de remonter à la surface je me noierais et continuerais de nager. Comme certains poissons qui se camouflent j'irais sous le sable du fond des mers et on ne distinguerait plus mon corps. Puis je remonterais à la surface et nous mangerions des sardines grillées et des tomates fraîches. Mes cheveux seraient toujours mouillés je n'aurais pas un corps mais plusieurs, et nous ferions l'amour à chaque fois mais ce ne serait jamais ni toi, ni moi, mais plusieurs. Si j'étais moi nous serions plusieurs et nous nous tairions. Je me tairais. Quand je serai moi, je me tairai. J'aurai sans cesse ton goût en bouche et ne voudrai rien en dissiper.

    Lucie Taïeb, née à Paris en 1977, enseignante-chercheuse, a publié des textes en revue ( remue.net, plexus-S, z:, aka, Action restreinte, ce qui secret ), un essai (Territoires de mémoire, consacré à Nelly Sachs, Edmond Jabès et Juan Gelman, paru aux Classiques Garnier en 2012), deux recueils (Tout aura brûlé, Les Inaperçus, 2013, La retenue, LansKine, 2015) et plusieurs traductions de l'allemand. Elle est membre du comité de rédaction de remue.net. Safe est son premier roman.

  • « [T]rente ans après sa mort, Hervé Guibert est encore vivant », comme l'avance d'emblée Arnaud Genon dans ce dossier que la revue Spirale consacre à l'auteur pour commémorer sa mort survenue en 1991. Figure paternelle, frère d'écriture, écrivain par excellence ou fantôme chéri, l'écrivain présente plus d'un visage comme en témoignent les contributions de David Caron, Marie Darrieussecq, Benjamin Gagnon Chainey, Arnaud Genon, Rebecca Leclerc, Daoud Najm, Chloé Savoie-Bernard et Kate Zambreno. Le dossier est accompagné du travail photographique d'Hervé Guibert. Le portfolio est, quant à lui, consacré à Moyra Davey, dont la présentation est signée par Katrie Chagnon. Les rubriques « Hommage », « Critique de la critique » et « Incursion », accueillent respectivement Pierre Popovic qui rend hommage à Régine Robin, grande intellectuelle décédée il y a quelques mois, Alice Michaud-Lapointe qui réfléchit à la formation de l'esprit critique comme geste d'amour engagé et Lucie Taïeb qui invite à la suivre sur les lieux qui l'ont marquée. (source : Spirale)

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