FeniXX réédition numérique (Complexe)

  • L'Afrique du Sud a vécu près d'un demi-siècle dans un système institutionnel de discrimination raciale. Mais voici que des représentants de toutes les communautés du pays sont enfin réunis pour négocier le passage à la loi de la majorité. Or cette « sortie de l'apartheid » révèle une société profondément déstructurée, tout en soulevant un immense espoir d'égalité dont l'attachement des dominants à leurs privilèges et une économie malade rendront la satisfaction longtemps difficile. Le chemin de la réforme du système politique, à laquelle se sont attachés les négociateurs, apparaît semé de pièges. Pourtant, par-delà les difficultés que devront affronter tous les Sud-Africains, une puissante créativité s'impose aussi, dans les domaines artistiques comme dans la gestion des solidarités sociales. Et l'Afrique du Sud qui amorce sa réinsertion dans le système international apparaît, à bien des égards, comme un pôle de fascination pour le reste du continent. Une autre Afrique du Sud s'invente. Politologues et économistes, spécialistes de littérature et de musique analysent les changements qu'elle est en train de vivre et tentent d'évaluer ses chances.

  • L'Allemagne a gagné la guerre froide : qui en douterait ? L'URSS est morte, la France et la Grande-Bretagne sont dépossédées de leur statut de vainqueur, les États-Unis, autre vainqueur, sont en retrait... L'Allemagne réunifiée, puissance centrale de l'Europe, règne sur ses monnaies et ses flux économiques. Pourtant le prix de la réunification se révèle chaque jour plus lourd. Pas seulement en termes économiques, mais aussi, et peut-être surtout, par les coups qu'elle a portés à ce fameux « modèle allemand » que la République fédérale avait su façonner, fait de démocratie, de dialogue social, de partage des pouvoirs. Une longue et difficile période de transition est ouverte. L'hégémonie allemande en Europe, fondée sur l'autorité du deutsche mark et sur la reconnaissance du modèle allemand, ne sera-t-elle qu'une hégémonie de la faiblesse ?

  • Le 1er juillet 1997, Hong Kong retournera à la Chine. La troisième place financière du monde sera englobée dans le dernier grand État communiste. Ainsi en ont décidé Londres et Pékin qui, en l'absence de tout représentant des presque six millions d'habitants du territoire, ont négocié les modalités de la restitution. Pourtant, à l'occasion de cette négociation, la population de Hong Kong a fait son apparition sur la scène politique ; elle a commencé à goûter à la démocratie, elle a connu d'intenses moments de mobilisation et a constitué associations et partis. Longtemps symbole de l'arrogance coloniale anglaise et de l'humiliation de la Chine, Hong Kong est aujourd'hui celui du dynamisme capitaliste face à l'embourbement bureaucratique du continent. Sera-t-il demain un modèle politique pour les Chinois ?

  • Ainsi le drapeau rouge de la chaîne McDonald flotte sur Pékin, à côté d'un autre drapeau rouge, celui de la Chine communiste ! Alors que, partout ailleurs (laissons Cuba...), le communisme est purement et simplement mort, pourquoi et grâce à quelles métamorphoses parvient-il à durer en Asie ? Et quel est l'avenir des étranges noces que semblent célébrer ces deux drapeaux ? Jean-Luc Domenach et François Godement ont posé à des spécialistes de la Chine, du Vietnam, du Cambodge et de la Corée du Nord cette question claire, mais qui appelle des réponses nuancées et plurielles. Et ils en tirent une vision régionale étonnante. La mutation du communisme asiatique ne serait-elle pas, plutôt qu'une conversion au capitalisme, un ralliement à l'Asie ?

  • La guerre du Golfe a fait brusquement ressurgir le problème kurde au premier plan de l'actualité internationale. La tragédie de ce peuple dispersé entre plusieurs États date, on l'oublie souvent, de l'effondrement de l'Empire ottoman et des règlements imposés au Moyen-Orient par les vainqueurs de la Première Guerre mondiale. Quels étaient les enjeux de ces règlements, et de quel poids particulier a pesé l'enjeu pétrolier ? Comment depuis lors la « question kurde » a-t-elle été traitée par l'Irak, l'Iran, la Turquie ? Enfin qui sont les Kurdes et comment cherchent-ils eux-mêmes à faire reconnaître leur identité ? Peut-on parler d'un nationalisme kurde ? Sur cette question complexe, les analyses rassemblées par Élizabeth Picard apportent le point de vue de l'historien, du juriste, du sociologue, du politiste. Elles éclairent le destin d'un peuple qui, depuis soixante-dix ans, tente de surmonter ses propres contradictions et revendique son autonomie. Elles soulignent aussi l'impact du problème kurde sur l'équilibre régional et international.

  • Après quelques mois à peine de sympathie, en 1978-1979, la révolution iranienne rassembla contre elle, dans l'opinion occidentale, une sorte de front uni de la répulsion et de la crainte. Depuis la mort de l'Imam Khomeini, les signaux que nous envoie la République islamique, d'apparence plus ambiguë, donnent lieu à des interprétations hésitantes : l'annonce d'une réforme décisive dans le sens de l'ouverture économique est suivie du rappel très officiel que Salman Rushdie est toujours condamné à mort... Qu'en est-il ? Loin des stéréotypes, ce livre nous montre de tout près une société iranienne en pleine mutation, un régime politique en proie à tous les aléas d'une lutte factionnelle féroce mais feutrée, et un État soucieux, après des années d'isolement, de reprendre la place qu'il a toujours ambitionnée dans une région dont il reste l'un des « poids lourds ».

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