Policier & Thriller

  • L'Affaire Lerouge

    Emile Gaboriau

    • Ska
    • 1 Juillet 2018


    Dans l'histoire littéraire, voici le premier roman - dit policier... indispensable à votre culture livresque...

    Ceux qui avaient parlé de crime ne s'étaient malheureusement pas trompés, le commissaire de police en fut convaincu dès le seuil. Tout, dans la première pièce, dénonçait avec une lugubre éloquence la présence des malfaiteurs. Les meubles, une commode et deux grands bahuts, étaient forcés et défoncés. Dans la seconde pièce, qui servait de chambre à coucher, le désordre était plus grand encore. C'était à croire qu'une main furieuse avait pris plaisir à tout bouleverser. » Emile Gaboriau est le premier à créer la figure romanesque du policier enquêteur qui aura, comme on le sait, une descendance féconde.
    Il faut évoquer le plaisir qu'on a à relire ce classique du roman policier, au-delà de la résolution de l'affaire elle-même. L'Affaire Lerouge, et les autres livres de Gaboriau, héritiers des romans populaires, ce sont des digressions, des chemins de traverse, des péripéties compliquées, l'exploration du passé des protagonistes, l'explication des motifs du crime et du modus operandi. Cela possède un charme véritable, qui faisait les délices d'André Gide, grand amateur de polar, comme Cocteau ou Mac Orlan. » (extrait de la préface d'Hervé Delouche)

  • Sidéral

    Antoine Blocier

    • Ska
    • 1 Avril 2021

    Ce qui n'est pas encore « réel » est néanmoins planifié, voire plausible à brève échéance... Une enquête criminelle sidérante...

    Dans un futur très proche, notre vieille planète usée par des décennies d'exploitation sans vergogne, de pollutions gigantesques, d'épidémies hors de contrôle, de famines aux millions de victimes, de terrorismes aveugles et une guerre économique sans merci est devenue invivable. Certains cherchent comment fuir vers un astre plus accueillant, d'autres croient encore possible d'y faire cohabiter huit milliards d'individus. Ultime tentative de réconcilier l'Homme avec l'Humain, la mission Rencontre est envoyée dans la Nouvelle Station Spatiale. Or, deux morts suspectes à bord de ce fleuron de la technologie internationale vont envenimer la situation.

    Ancien de Scotland Yard, reconverti en auteur à succès, Eliott Purcell va mener l'enquête, quatre cent quinze kilomètres plus bas. Une investigation sous tension internationale, où la rapacité du capitalisme mondialisé et les expérimentations transhumanistes seront de rudes adversaires. S'il faut un jour quitter la planète, qui en aura la possibilité ? Si les cerveaux sont numérisés pour voyager dans l'espace sur de longues durées, qui sera légitime pour les reconnecter ? Si une exoplanète est à portée d'imagination, sera-t-elle gérée selon les principes libertariens, discrètement à la manoeuvre dans le projet Rencontre ?




    Antoine Blocier signe ici un roman inclassable. À la fois polar, anticipation, réflexion philosophique, plaidoyer pour un autre monde, cette histoire très documentée s'appuie sur des faits de société, des travaux scientifiques en cours, dont certains semi-clandestins. Sauvons la planète ou quittons-la ?

  • Nucléar Parano

    Gildas Girodeau

    • Ska
    • 30 Septembre 2020

    À Port-Vendres, le meurtre d'une scientifique travaillant pour un laboratoire d'océanologie entraine Paul Feder dans les couloirs du lobby nucléaire... aux radiations sanglantes...
    Il prépara consciencieusement son matériel, vérifiant une fois de plus les noeuds dans le fil nylon, puis, avant de lancer, il s'agenouilla et scruta la mer au pied de la falaise. Dans la faille, juste à gauche, un objet semblait coincé, mais il ne put immédiatement l'identifier car une vague plus grosse l'engloutit. L'écume monta jusqu'à la plateforme puis redescendit. Il regarda à nouveau et retint un juron, c'était un corps, celui d'une femme vêtue d'une robe. D'instinct il regarda autour de lui. Lors de la guerre d'Espagne, Jaume avait quatorze ans quand il s'était engagé dans les troupes de la C.N.T. et, de Guadalajara à Mauthausen, il avait payé le prix fort et savait reconnaître des emmerdements, quand il en croisait sur sa route. Il semblait seul. Rapidement il remballa son matériel et entreprit l'ascension de la falaise. Il fallait foutre le camp au plus vite, ce cadavre pouvait porter la poisse.
    Nucléar Parano est le deuxième tome de la Suite Catalane signée Gildas Girodeau. La série Paul Feder mêle intrigue criminelle et critique sociétale acerbe, le tout très documenté. De quoi ravir les amateurs de purs polars.
    Ceux-ci sont réédités aux éditions du Horsain en version papier pour une nouvelle vie. (distribution Pollen)

  • Noire Côte Vermeille

    Gildas Girodeau

    • Ska
    • 27 Juin 2020

    Paul Feder, menant jusque-là une existence confortable, se transforme en marin marginal quand il se retrouve plongé dans une aventure tragique au rythme soutenu. Incapable de rester à quai lorsque rodent l'injustice et le danger, Feder, le catalan, s'entoure d'une bande chaleureuse et solide prête à tout risquer à ses côtés.





    Il faisait un vrai temps d'hiver dans le midi. Le vent du nord soufflait en tempête dans un ciel cristallin où aucun nuage ne parvenait plus à s'accrocher. Le petit cimetière était noir de monde. Paul frissonna, il avait oublié les morsures du vent. Le cercueil descendait au bout de ses cordes. Les fossoyeurs avaient du mal car son ami était lourd, lourd comme cette peine qui l'écrasait. C'était cette nuit, dans l'appartement du XIVe arrondissement de Paris où Paul vivait depuis dix ans, un téléphone avait sonné. Au bout du fil il n'avait pas reconnu la voix, tant elle était cassée, rompue. Cette voix venait d'ailleurs, d'un monde de tristesse lointain et monotone qu'il ignorait.
    - Paul ?
    - Oui ... qui est-ce ?
    - Paul, François est mort.





    Paul Feder, vrai de vrai Catalan basé à Paris, aime les femmes, la cuisine et les bons vins. L'amitié et la fidélité sont sa religion. Clairement engagé du côté du coeur, cet humaniste ne supporte pas l'injustice. Sur mer comme sur terre, cette fiction réjouira les amateurs d'aventures. Gildas Girodeau sait écrire comme personne une palpitante fiction instructive, porteuse de valeurs qui au lieu d'alourdir le propos le dynamise avec bonheur. La suite des aventures de Feder viendra bientôt réjouir les lecteurs.
    Noir Côte Vermeille rassemble les deux premières aventures de Paul Feder : Rouge Tragique à Collioure et Malaguanyat. La Suite catalane comprend également Nuclear parano et La Dans des Cafards parus chez Horsain.

  • La Danse des Cafards

    Gildas Girodeau

    • Ska
    • 23 Novembre 2020

    Paul Féder, sa goélette, son équipage et ses amours : aventures au rendez-vous quand les nuisibles se pointent...
    Le thonier fonçait à pleine vitesse dans la nuit noire, au moins dix-sept noeuds, la mer semblait calme. Pourtant, une imperceptible houle commençait à l'agiter, menaçante respiration de la tempête approchant par le nord. En cette fin mai la lune n'était qu'un mince croissant que l'on apercevait encore vers l'ouest, entre les nuages. Le jour ne tarderait plus maintenant. Dans la timonerie éclairée par la lueur orange des instruments de bord, José sentait une boule d'angoisse durcir peu à peu dans son ventre. Décidemment ce commandement ne lui plaisait pas. Il ne l'avait accepté que contraint par la misère où il se trouvait, la crise de la surpêche du thon l'ayant privé d'embarquement. Cette année-là, tous les navires sous pavillon français étaient restés à quai, ayant largement dépassé les quotas fixés par l'Europe. Enfin, c'est ce qu'ils avaient dit, car José n'y comprenait plus rien à ces histoires de quotas. Les espagnols, eux, pouvaient encore pêcher un peu et certains bateaux passés sous pavillon Libyen continuaient tranquillement à travailler sans limite. Ils faisaient fortune avec les navires usines japonais, pendant qu'eux cherchaient désespérément à s'embarquer, même sur une « estrasse » !


    Réédité aux Editions du Horsain sous le titre La danse des Cafards ce roman appartient à la Suite Catalane. Un polar mais pas que. Une réflexion sur la fameuse Françafrique qu'à tort l'on croit morte. Ce roman a reçu le Prix Delta Noir 2015.
    (Edition papier chez Horsain, distribution Pollen)

  • Le Monde est un bousillage

    Jose Noce

    • Ska
    • 27 Juin 2020

    Les troubles d'un ex prof plongé dans une paranoïa éblouie sous le soleil d'Italie. Une villégiature riche et débilitante à la fois, un roman original arrosé au limoncello et baigné du bruit des cigales...


    [...] Pensez, se souriait-il en haussant involontairement les épaules, il fallait, entre autre, qu'il la rencontre, elle, et dans la plus grande discrétion, cette magnifique pute de luxe, si redevable en haut lieu de tant d'intelligentes compassions.
    Il ne put pas s'empêcher de produire un petit rire sarcastique à peine étouffé.

    Eh oui cette bombe humaine était paradoxalement le catalyseur indispensable de l'histoire, une effigie vivante du raffinement libidinal.
    En définitive, se marmonnait-il de plus en plus grassement, elle n'a pratiquement rien su cette diablesse. Elle avait le feu vert sommital c'est tout. Et comme lui, le compagnero, elle avait circonstanciellement carte blanche.
    Elle serait la « chèvre-émissaire », ça l'avait fait sourire l'expression, le temps d'une séduction éclair.
    Il fallait vite charmer, dévoiler...
    Elle, elle avait dit avec un petit accent de l'Est qu'elle allait : « Dessiner avec son corps des courbes asymptotiques », c'était exactement ses termes. Asymptotiques, putain !
    Maintenant qu'il y pensait, il lui apparut qu'elle était sans aucun doute possible du type péripatéticienne, mais très cultivée, en tout cas beaucoup plus que ce qu'il en avait pu imaginer au premier contact...
    Elle avait même rajouté avec une moue enfantine : « Autour d'une érection concupiscente de macho gras »...
    Dingue !


    Un beau jour sur une petite île, un type est débarqué d'un hélico avec une oreille en moins, et un petit trou en plus dans la tempe. Sur le point de trépasser, on le ranime avec toutes sortes de petits cailloux blancs aiguisés comme les dents des requins du même métal. Doucement, avec plus ou moins de tact, on ressuscite sa surprenante réalité. Entre flashback émoussés et thérapies de pointe, notre homme, ex professeur de lettres, va revivre, dans tous les sens du terme, le parcours de son existence rocambolesque. Aussi le voyage autour du monde de ce drôle de zigoto est-il à cataloguer dans le registre : pertes et fracas...
    Après Villa confusione, José Noce nous entraîne à nouveau dans son imaginaire frappadingue. Il a emprunté son titre à Nietzsche. À lire, à l'ombre des pins, un limoncello à portée de gosier... Que du bonheur !

  • Scarelife

    Max Obione

    Une diagonale criminelle à travers les States...

    LIBERE SUR PAROLES APRES AVOIR PURGE DIX ANS de pénitencier, Mosley J. Varell coule des jours ternes dans un coin reculé du Montana. Il vivote en écrivant des scénarios de dessins animés. Gougou le kangourou, c'est lui. Astreint à pondre des histoires à décerveler les mômes, on vient cependant de lui commander le scénario d´un biopic sur le romancier David Goodis. Un matin, il reçoit une lettre postée de Louisiane. Il a reconnu l'écriture, c'est celle de son père qu'il hait depuis toujours. Mais pourquoi Varell décide-t-il de partir le retrouver ? Ayant la phobie de l'avion, il entame une grande diagonale routière. La fatalité, un temps en sommeil, l'entraînera à ponctuer son périple de meurtres comme autant de cailloux blancs que Le Nain, un détective teigneux lancé à ses trousses, saura ramasser...

    Max Obione fait le noir, le noir profond, sans rémission ni lueur rédemptrice ; dans un roadmovie paroxystique et crépusculaire, il conjugue "no future" à tous les temps de l'imparfait de l'existence. Ce roman a été nominé aux Trophées 813 parmi les 5 meilleurs polars « français » en 2010.

  • Reflux

    Franck Membribe

    • Ska
    • 23 Novembre 2020

    Qui n'a jamais rêvé d'une nouvelle virginité intellectuelle dans la fleur de l'âge ? Mais attention, recouvrer son identité n'est pas forcément un cadeau...
    De minuscules vagues berçaient mon corps sur le rivage. Echoué dans la douceur de l'aube, je revenais à moi peu à peu. Les rayons obliques du soleil levant irradiaient tendrement à travers mes paupières closes. Cette sensation de voile laiteux, la tiédeur de l'eau, une brise caressante, la finesse du sable quartzique au creux duquel ma tête s'était moulée, le susurrement de la mer, tout concordait à mon maintien dans cet état second. J'aurais pu rester là des heures, semi conscient, dans l'ignorance totale de l'heure, du jour, du lieu, croyant ouvrir les yeux dans l'obscurité de ma chambre ou la promiscuité encensée d'un cours de yoga. Soudain une infime vibration vint troubler la quiétude de l'air. Insidieuse comme les prémices d'une rage de dents. Cette sensation désagréable se reproduisit à plusieurs reprises. Elle perdura. D'intermittente et lointaine, elle devint entêtante. Un bourdonnement saccadé, agressif, croissant. Le fracas d'un rotor, enfin identifié, vint définitivement briser cette fragile harmonie. J'ouvris les yeux sur un hélicoptère en stationnement à la verticale. Ses pales brassaient mon espace vital avec une énergie furieuse soulevant des paquets de sable. Mon rythme cardiaque s'emballa. À ce moment seulement je me rendis compte que j'étais nu. Nu comme un ver ! Quelle était donc cette mauvaise blague ?
    Survivre au passage d'un tsunami et se réveiller totalement amnésique. C'est le point de départ d'une aventure aux multiples rebondissements. Car le retour de la mémoire peut rimer avec dangers. Un suspense millimétré de Franck Membribe en grande forme romanesque.
    (Edition papier chez Horsain, distribution Pollen)

  • Gun

    Max Obione

    • Ska
    • 1 Mai 2017

    La mésaventure d'un petit commerçant du sexe dont les projets d'expansion ont été brutalement contrariés par la concurrence sauvage... C'est qu'il voulait causer, ce con ! On cause pas quand on a le canon de mon gun dans le trou de son nez, on chie dans son froc. Il devait avoir des Pampers, ma parole ! Il nasillait des choses que je pigeais même pas. Ses yeux disaient : « T'es pas cap ! » C'était la guerre. Ah ce con, il était pas de taille, sa tête a explosé, ça m'a fait des salissures. Ginette, elle a dit : « C'est-y-pas malheureux de gâcher un si beau costard que j'ai payé à la sueur de mon cul. » J'aime pas quand elle cause de cette manière pas élégante pour une dame du goudron. Elle a sa bouche qui se tord, ça lui fout des rides. Max Obione affectionne la langue verte aux accents surannés évoquant un autre temps où prospéraient les « julots casse-croûte ». Sa nouvelle est en quelque sorte une parabole dénonçant d'une manière cocasse le capitalisme sauvage et la mondialisation. Un must du genre ! EXTRAIT Mais Ginette, c'est ma gagneuse, un béguin à douze piges, ça laisse des sentiments. Elle aussi, elle en pince pour mézigue depuis la communale à Rocroi. La preuve ? Elle n'a pas moufté quand j'ai ramené Azhor un matin à la maison. Je l'avais ramassée à la station Lille Métropole, tout de suite j'avais vu son potentiel à cette pas farouche. C'est le privilège des vieux briscards dans mon genre, amateur de beau sexe, que de sentir ces choses. Trois boniments qu'elle n'entravait pas, mais voix de velours, une enfilade d'apéros, avec oeil de velours, les mauvaises langues prétendraient que j'avais emballé parce qu'elle avait la dalle et savait pas où crécher. À PROPOS DE L'AUTEUR Max Obione s'est emparé du noir sur le tard afin de donner libre cours à son tempérament libertaire. Dans ses polars et ses nouvelles, ce jeune auteur tardif revisite les archétypes du genre. C'est un franc-tireur des lettres qui, se reposant du noir un temps, met du rose à sa palette. Sur le chemin de la littérature érotique, il commence à semer des cailloux libertins. Mais le noir demeure sa couleur de prédilection.

  • Poétique du combat

    Cyril Gély

    • Ska
    • 1 Juillet 2016

    Un privé à la dérive dans un Paris crépusculaire... Première incursion dans le polar de l'auteur dramatique et scénariste Cyril Gely (Diplomatie, Signé Dumas, Chocolat) nominé plusieurs fois aux Molière couronné de nombreuses récompenses, dont un César. Edité en papier initialement chez feu Krakoen, Ska est heureux de le rééditer. Un roman noir à vous glacer le sang ! EXTRAIT D'une pichenette, je jetai le mégot qui me brûlait les lèvres sur le trottoir et sautai au-dessus d'une flaque. Il fallait que le coup de fil qui m'avait réveillé une demi-heure plus tôt soit important pour me faire sortir du lit à une heure pareille. Et il l'était. Sinon je n'aurais pas même remué un orteil. Mais c'était Olympe, Oly, ma grand-mère d'adoption, qui m'avait appelé. Mon sang n'avait fait qu'un tour. Une douche froide m'avait permis d'évacuer le bourbon de la veille. J'avais ensuite sauté dans mon pantalon et dévalé l'escalier. Au ton de sa voix, j'avais compris que c'était grave.


  • Une myriade de personnages aux noms célèbres gravitent dans l'hôpital et vivent leurs relations improbables au son des musiques populaires... Complètement barré !...

    « Dans la voiture, Billie Holiday tient le volant et surveille la route. Elle a déjà tout dit. Durant deux heures elle s'est entretenue avec les responsables de l'orphelinat. Sur l'autre siège avant, Janis Joplin se retourne toutes les trente secondes. Sourire de dame patronnesse. Grimace à faire fuir les démons. Pas de quoi attirer les petits copains. À l'arrière, John Lennon s'amuse de cette vision accablante. Les aimables mimiques sont destinées au voisin de John. Un minuscule voisin, ballotté sur la banquette, jouet de la suspension. Il ne parvient pas à s'adosser. Il craint de tomber dans le vide. Chaque tournant le déporte vers la portière ou sur John. Ses pieds ne touchent pas le sol. Les voitures occidentales ne sont pas conçues pour les Asiatiques. Des papiers le déclarent âgé de douze ans. On lui en donne huit. Pas une fois on ne le voit sourire. Il n'ouvre pas la bouche. La parole est gelée en lui. Billie Holiday n'a pas osé poser la main sur ses cheveux comme l'a fait la responsable de l'orphelinat. Agenouillée devant lui, Billie a bredouillé timidement qu'il serait son troisième enfant. - Vous serez une bonne maman pour lui, madame Holiday, j'en suis convaincue. »

    SKA réédite en numérique ce roman inclassable sorti à l'origine en version papier chez Krakoen. « Dément, de chez dément » dixit Gérard Collard. « Du Kafka mâtiné de l'intense beauté des chansons idiotes de notre jeunesse, selon Jean-Bernard Pouy qui signe la préface, la fin des années soixante nous prend à la gorge. »

  • Ego Fatum

    Jan Thirion

    • Ska
    • 27 Juin 2020

    Quand un flic vérifie que les enchainements du destin dont il est le principal auteur involontaire sèment la désolation sanglante... Un héros nietzschéen magnifique ! Un anti Spiderman !



    [...] Cédric chasse de son esprit la superposition Milly et lolitas dévergondées de l'Internet. Au commissariat central, une cellule informatique est chargée d'éplucher les sites pornos du net dans sa traque des réseaux pédophiles. Evidemment, les bonnes adresses circulent sous les képis. Cédric reste dans le soft, même si avec sa dernière bonne adresse, la frontière adolescence-majorité s'avère plutôt floue. Archange.com, site conçu dans un pays de l'Est, ne s'embarrasse pas de l'âge de ses poupées russes.
    Il se surprend en érection.
    Comme un type en train de crever, précise stoïquement le présentateur.
    Les morts emmèneraient leur érection dans la tombe si les thanatopracteurs ne veillaient au grain. À la scie électrique.
    Il lève les yeux. Un plancher le sépare de Milly qu'il imagine se tortiller devant la glace, jouant l'égérie métal avec une invisible guitare électrique. Milly se la joue gothique, mixant dans son imaginaire sexe, drogues, vomi, sang, têtes de mort, tatouages, piercings, crucifix, string, vampires. En rivalité avec Maman dans tous les domaines. Elle s'amuse même à lui faire les yeux doux, à lui, le beau-père fraîchement débarqué dans cet appartement. Il n'est installé là que depuis juin, alors qu'ils se connaissent de l'autre été...


    Araignée du soir, espoir. Cédric Mangata, policier de Toulouse, aurait préféré que ce dicton dise vrai. En cette nuit de la Toussaint, il voit plutôt dans cette bestiole une messagère funeste. En effet, à partir ce soir là, autour de lui, proches, voisins, collègues, malfrats s'arrêtent brutalement de vivre. Devant cette hécatombe terrifiante, il a beau invoquer « la faute à pas de chance », le responsable, c'est lui. Et pendant ce temps-là, son ennemi juré court toujours et stocke ses victimes dans les congélateurs de la ville. Quand on ne maîtrise plus son destin et qu'on devient soi-même la boule d'un flipper fatal, autant laisser rouler en se délestant de ses remords. « EGO FATUM», comme l'annonce le titre. Et tenter de tailler la route, jusqu'en enfer.



    Ska est particulièrement heureux de poursuivre l'édition numérique des romans du regretté Jan Thirion édités en son temps chez Krakoen. Après Nuoc Mam Baby, Sex Toy et John et Yoko sont dans un hosto, voici.... Ego Fatum qui nous entraîne dans la grande centrifugeuse du destin. Rires grinçants et vertiges garantis ! Sans doute le meilleur polar de notre défunt et resté cher ami Thirion.







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