• « ...Un homme nommé Claude Gueux, pauvre ouvrier, vivait à Paris en 1831. Il avait avec lui une fille qui était sa maîtresse et un enfant de cette fille... Il était capable, habile, intelligent, fort mal traité par l'éducation, fort bien traité par la nature, ne sachant pas lire mais sachant penser. Un hiver, l'ouvrage manqua. L'homme, la fille et l'enfant eurent froid et faim. L'homme vola. Il en résulta trois jours de pain et de feu pour la femme et pour l'enfant et cinq ans de prison pour l'homme. Il fut envoyé faire son temps à la Maison Centrale de Clairvaux. On va voir ce que la Société en a fait. » Relation allégorique d'un drame individuel, cet ardent plaidoyer contre la peine de mort et contre la prison met à nu le mécanisme de la brutalité sociale qui ne sait répondre à la détresse que par la répression. Avec Claude Gueux, Victor Hugo n'est plus simplement romancier ou poète. Il conquiert une place éminente auprès des plus grands orateurs de la Liberté.

    Présentation et notes par Emmanuel Buron. 

  • À l'école du libertinage, quarante-deux jeunes gens sont soumis corps et âmes aux fantasmes des maîtres du château. Premier chef-d'oeuvre du marquis de Sade, tout à la fois scandale et révolution littéraire, chacune de ces cent vingt journées de Sodome est un tableau des vices et perversions les plus criminelles, découvrant avec un inimitable génie la face noire et inavouable de l'homme.
    " Sade est au clavecin, il improvise, il fait monter les mots, il compose, en vrai musicien baroque (c'est un génie baroque), une Suite française, à la Bach. Quel charme, quelle fraîcheur. " Philippe Sollers

  • De la révolte ! À quoi bon être agent de la Sûreté à 14 ans si l'on est cantonné à des missions sans risque et sans intérêt ? Pour connaître le goût du danger, Malo de Lange se sent prêt à tout. Comme à désobéir à son père, le chef de la police secrète en personne.
    Du mystère ! Le voilà déguisé en soubrette au service du duc d'Écourlieu. Malheur ! Le duc est retrouvé pendu et son fameux diamant bleu, le Golconde, a disparu.
    De l'aventure ! L'affaire mène Malo en enfer. Celui du bagne de Brest, dont il doit à tout prix s'évader pour ne pas crever.
    De l'amour ! Sa fiancée Léonie est convoitée par un autre. Furme d'Aubert est laid comme un pou, mais possède deux atouts. Il a 18 ans, il est le fils du préfet de police.
    De drôles de zigs ! Ils s'appellent Mouchique l'empoisonneur, Nini guibole et Moïra de Feuillère, tous voleurs, traîtres et menteurs. Ce sont les nouveaux amis de Malo. Vont-ils l'aider ou le faire chuter ?

  • En 1998, tout un hiver, chaque mardi 13h20, je franchis la porte du Centre de jeunes détenus de Gradignan, près de Bordeaux, pour y proposer un atelier d'écriture.
    Au tout début, je n'ai qu'un seul participant volontaire, Frédéric Hurlin. Victime de mauvais traitements, sans liens ni amis, quand il est libéré au mois de décembre il reçoit le soir même un coup de couteau fatal dans un squat près de la gare.
    Je ne sais pas encore que j'aurai à la même place, quelques semaines plus tard, l'auteur de ces coups de couteau.
    Tout l'hiver, à mesure des séances, c'est l'image de la ville qui s'inscrit, dite par ceux qui y sont à la frontière, ou les plus instables. Les routes, les parcours, les frontières, les mauvais rêves.
    Lorsque celui qui a remplacé Hurlin craque et écrit un jour, en atelier, cette phrase : lenvi de me donner la fin de ma vie, je sais que la tâche pour moi n'est plus ici, en tout cas je ne saurais pas l'assumer. Revenir à la table de travail, se saisir de ces mots et comprendre pourquoi ils ont fini par vous pousser vous-même à la limite.
    Un livre en résultera, "Prison", publié chez Verdier en 1998, suivi d'un procès qui ne sera pas facile non plus à vivre.
    C'est pour cela que le texte est suivi ici d'un certain nombre de pièces liées à cette première parution, rassemblées sous le titre "Écrire en prison", et inédites.
    FB

  • Le 2 novembre 1979, Porte de Clignancourt à Paris. Jacques Mesrine, sanglé à son véhicule, est abattu froidement et sans sommation par les forces de l'ordre en embuscade. La Police met ainsi fin brutalement à plus de dix années de cavale de celui qui était surnommé « L'ennemi public numéro un ».
    Pourtant, plus de 30 ans après sa mort, sa personnalité fascine toujours jeunes et moins jeunes. Adulé, craint, parfois jalousé mais toujours respecté par ses pairs pour son ingéniosité, Jacques Mesrine n'a jamais laissé indifférent.
    Mais qui se cache derrière ce personnage complexe et parfois attachant, longtemps considéré par la population comme « le Robin des bois des temps modernes » ? Comment un homme sans histoire, issu de bonne famille, a-t-il pu ébranler et ridiculiser à ce point la République française ?

    Michel LAENTZ, journaliste qui a connu Jacques Mesrine durant sa jeunesse, retrace à travers ce livre son parcours hors norme, grâce aux nombreux témoignages récoltés durant des années auprès de ses complices, ses proches, et ses victimes. Au gré des anecdotes et révélations inédites, nous comprenons à travers ce récit passionnant pourquoi Jacques Mesrine en était arrivé à un point de non-retour avec l'État français, celui de la « mort à bout portant ».

  • La montée de l'Islam en Europe est aussi repérable par le nombre croissant de musulmans dans les prisons anglaises et françaises. Mais la Grande-Bretagne et la France ont des approches différentes quant à la prise en compte de cette présence islamique. Ce livre s'appuie sur une recherche sociologique originale qui recourt à des entretiens avec les détenus et le personnel pénitentiaire et analyse les réponses des autorités anglaises et françaises au nombre croissant de détenus musulmans. L'expérience accumulée de l'aumônerie chrétienne dans les prisons britanniques a permis de mieux répondre aux revendications des musulmans et ce d'autant plus que l'Islam y est reconnu institutionnellement. Par contraste, les prisons françaises fournissent aux prisonniers musulmans peu d'occasions de pratiquer leur religion sous la direction d'imams qualifiés. Les conclusions de trois années de recherche intensive dans plusieurs prisons montrent que les prisons britanniques facilitent le contrôle et l'intégration de l'Islam, alors que les prisons françaises le découragent et de cette façon développent des revendications extrémistes. Les résultats de cette enquête sont présentés ici en français pour la première fois. « Muslims in Prison est une excellente contribution aux questions relatives au nombre croissant de détenus musulmans dans les prisons d'Angleterre, du pays de Galles et de France. C'est un livre complet, bien écrit et rendant compte de manière consciencieuse des questions essentielles par rapport aux détenus musulmans dans les prisons anglaises et françaises... C'est un excellent exemple de recherche qualitative. Une lecture essentielle pour les décideurs politiques, les fonctionnaires de prison ainsi que pour les chercheurs » Basia Spalek, Institute of Applied Social Studied, University of Birmingham, Journal of Islamic Studies (17 [3] 2006 : 394-99). « Un livre bien écrit sur les interaction entre la "race", l'ethnicité et la religion. Il aborde avec perspicacité les processus complexes dans lesquels la catégorie de Musulmans est construite socialement et utilisée en prison. La clarté de la démonstration rend le livre intéressant pour les politiciens et les fonctionnaires ainsi que pour les étudiants qui s'intéressent aux phénomènes religieux ». Jeroen Boekhoven, University of Groningen, Numen (vol 54 no. 1 2007 : 99-100)

  • De façon très pratique et compréhensible, en expliquant les termes judiciaires, ce livre répond aux questions les plus fréquentes sur le quotidien de la vie en détention, et sur les relations du détenu avec l'extérieur et avec l'administration pénitentiaire.
    Ce livre s'adresse aussi bien aux personnes dans l'attente d'une incarcération qu'aux familles des prisonniers qui y trouveront une aide concrète pour traverser ce qui est toujours une épreuve très douloureuse.

  • Affaire policière

    Jean Coudert

    Je sais bien qu'elle passait son temps à faire son intéressante et faisait jaser les gens qui la traitaient d'allumeuse. Je l'avais déjà avertie et savais qu'il allait lui tomber quelques tuiles sur la tête. Comment supporter l'injustice ? Comment survivre à dix-huit mois de prison et de calomnie ? Pire encore, comment porter le poids d'une culpabilité injustifiée une fois libéré ? Chronique d'une erreur judiciaire ordinaire inspirée de faits réels, le roman de Jean Coudert nous plonge dans la peau d'une victime de mauvaises circonstances. Une illustration du suspect à tout prix, du temps perdu, des enquêtes bâclées, mais aussi de l'importance capitale du rôle que revêt l'ADN depuis une vingtaine d'années.

  • Pour la France, pays qui fut à l'origine des Droits de l'Homme, la prison a toujours été un sujet tabou. Amplifiés par un microcosme très violent, les problèmes de surpopulation, homosexualité imposée, rackets, et endoctrinements religieux ont toujours créé un malaise dès lors qu'il s'agissait pour nos politiques d'en expliquer les raisons.


    Quels risques encoure un nouveau ou ancien détenu au sein d'une prison ? Que se passe-t-il à l'intérieur au quotidien ? Pourquoi les suicides sont-ils inéluctables ? Quelles sont les conditions de détention chez les femmes ? Comment et pourquoi devient-on maton ?

    Quelques exemples de questions auxquelles "Prisons : Mode d'emploi" répond sans censure, renforcé par des anecdotes et témoignages provenant des surveillants et détenus rencontrés par l'auteur.

    Dans ce livre qui décrit courageusement "l'enfer des prisons", Michel LAENTZ signe un ouvrage complet et explosif, qui permet d'en savoir plus sur un univers cauchemardesque qui à la fois fascine et repousse. Il y dénonce des conditions physiques et morales insoutenables, où les condamnations, qui ne remplissent plus leur fonction principale de réinsertion, se transforment souvent en double voire triple peine pour les détenus.

  • Un commandant de la crim', torturé à souhait, ...

  • Fortement influencées par les innovations canadiennes, états-uniennes ou anglaises, mais constamment soucieuses de les acclimater à leur environnement politique et social spécifique, les polices québécoises représentent une plateforme privilégiée d´échanges entre les mondes anglophone et francophone sur les questions de sécurité publique : elles ont su se remettre en question face à une population de plus en plus diversifiée, dont la tolérance pour le modèle répressif traditionnel s´érodait à mesure que celui-ci perdait de son efficacité.
    Le pragmatisme québécois a développé une réponse simultanément ferme et concertée face à la menace du crime organisé. La diminution constante de la criminalité depuis vingt ans a sans aucun doute insufflé une dose de sérénité propice à l´exploration de nouvelles pistes d´intervention policière ouvertes sur la société et la recherche.

  • Connexion entre deux écrivains. Une oeuvre à deux voix, magistrale !






    D'octobre 2004 à mai 2007, alors que celui-ci était emprisonné à Fresnes, Hafed Benotman - alias H.B. Murdos - et Brigitte Guilhot - alias M.B. Lupa - ont entretenu une correspondance intense ponctuée de rendez-vous au parloir qu'ils appelaient le cube. Entre recueil poétique et récit fragmenté, La Peau sur les mots rassemble des extraits intimes de cette correspondance passionnée de haute volée littéraire. Il y a chez ces deux-là une fascination réciproque née de l'Écriture, un "Jeu du Je" en miroir si puissant qu'il traverse les murs de l'enfermement et touche leurs corps. C'est un ballet intime d'une érotisation et d'une sensualité exacerbées par l'attente de la distribution du courrier et des face-à-face entre les quatre murs du cube.


    J´attaque la mémoire de tes lettres. Je les relirai en piochant dans l´une et l´autre comme on picore un buffet à volonté, durant les heures que nous allons passer ensemble et sur le côté, je mettrai mes réponses comme des petits os, de fines arêtes ou des noyaux d´olive. J´aime bien t´écrire de cette façon, en me remémorant quand bien même rien ne m´interdit de vérifier que tu abordes bien tel ou tel sujet. J´aime bien aussi quand l´écriture m´attrape et me met au pied de ton mur et que je sais que c´est maintenant que je vais partir à t´écrire en passe-muraille.

    J´aime bien, toujours plus, t´avoir dans mes pattes, te sculpter en te malaxant les épaules, en saisissant un bout de toi, un morceau de ta chair. J´aime ça, tu vas bien à mes mains. En t´écrivant cette phrase simple, je suis en état d´éborgner d´une seule érection tous les geôliers du monde. H.B. Murdos J´aime la façon dont tes doigts me sentent, me décodent, me mesurent, m´analysent, me devinent...

    Je ne suis rivale d´aucune femelle. Si j´ai un territoire amoureux à défendre, j´écris un livre. Et si tu me fuis, j´écrirai encore plus sans me soucier de pour quoi et pour qui tu me fuis. Je prends ma vie comme une matière que je travaille pour en faire des mots, des poèmes et des idées et je me sers de qui je suis pour donner à voir à celui ou celle qui me lira quel être il ou elle est. C´est pour cela qu´à partir d´aujourd´hui mon nom est M.B.Lupa, car ma vie n´est qu´un matériau au service de l´Écriture. M.B. Lupa

  • Natural killer

    Pierre Pelot

    « Je ne suis jamais allé à New York. Ni ailleurs. Ce n´est pas la peine. J´ai déjà fait le tour du monde cent fois. Je suis même allé bien plus loin. Promeneur nocturne. La neige crissait sous mes semelles. Promeneur ordinaire, qui sait exactement combien de temps et jusqu´où durera le cigarillo, à quel endroit j´en jetterai le mégot devenu chaud et âcre aux lèvres. Ce n´était pas la première fois. J´ai fait le tour du monde et mieux encore. »Un homme dépressif, un endroit isolé, la solitude ou presque et les lourds secrets d´un écrivain qui se dénude devant nous dans la prison qu´il s´est construite.

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