• César comprend vite. L'énorme 4x4 qui a failli le tuer  alors qu'il faisait du vélo ; les intimidations du conducteur ; les tags d'insultes sur le mur de sa maison. Sa mère convoie des camions-citernes pour la SEGIKA, la grande firme chimique de la région. Et elle vient de poster une vidéo où elle déversait sur ordre, en pleine nature, de dangereux polluants. Le scandale éclate. César est mis à l'écart par la plupart de ses copains - dont les parents travaillent pour la SEGIKA. Associations et médias s'emparent de l'affaire.
    L'adolescent est perdu  ; c'est qu'il aime Lou-Ann, dont le père est un cadre dirigeant de la firme. Il vacille psychologiquement - avant de se décider à agir...

  • La mise en oeuvre d'un revenu universel d'existence et la promotion de l'écologie sociale sont les deux réponses les plus adéquates pour surmonter les crises que nous traversons et assurer la relève de notre société. L'alternative au statu quo ou au repli nationaliste sous le seul prétexte de reconstituer une souveraineté industrielle disparue, est l'écologie sociale. Il faudra engager une transition écologique et énergétique radicale au niveau européen et permettre le changement d'échelle de l'économie sociale et solidaire. Mais le passage à une autre société plus tempérante, plus respectueuse des personnes et de l'ensemble du vivant suppose que nous changions aussi notre regard sur le travail. Reconnaissons que notre société s'est lourdement trompée en préférant systématiquement les biens aux liens, la valeur économique à la valeur sociale.
    Dans plusieurs pays occidentaux, la proposition d'un revenu universel d'existence ou d'un revenu de base est réapparue avec la crise du Covid. La réponse sociale française est insuffisante et reste arrimée aux cendres d'un monde qui se consume sous nos yeux. L'accès au chômage partiel est conditionnel et de surcroît réservé aux salariés. Il est loin de couvrir les besoins de tous, notamment des indépendants, dont la propagation de l'épidémie et les décisions de confinement du gouvernement ont brutalement réduit les revenus à néant. Un revenu universel et inconditionnel réparerait cette injustice. Qui peut affirmer que d'autres crises sanitaires mondiales liées aux conséquences écologiques du néolibéralisme n'auront pas lieu à court terme ?
    S'il faut bien sûr prévenir ces crises en reconstituant une réponse sanitaire efficace, il faut nous prémunir de leurs conséquences économiques et sociales tragiques. Le revenu universel et inconditionnel est l'antidote social à la répétition de ces crises sanitaires.
    Il est enfin un outil incomparable d'émancipation. On peut aujourd'hui avoir un emploi et un salaire sans vivre décemment, sans être véritablement libre ni maître de son destin. En libérant chacun d'une dépendance exclusive au revenu qu'il tire de l'emploi, le revenu universel donne une capacité de négociation et de choix à chaque individu. En ce sens, il permet l'exercice d'une citoyenneté intégrale, y compris dans l'ordre économique.
    L'émancipation sociale passe par cette pratique individuelle de la liberté. Nous ne fabriquerons pas de société plus coopérative, moins égoïste et moins cupide sans donner davantage d'autonomie et de liberté à chaque citoyen.

  • Par la même raison que le concours des deux sexes est nécessaire à la formation et au maintien de la société, il est évident qu'ils doivent trouver dans cette même société une égale portion d'avantages, et les lois qui assurent à l'un sa liberté et l'exercice de ses droits, doivent aussi les assurer à l'autre.

    Fanny Raoul (1771-1833) a reçu une éducation intellectuelle solide et ouverte. Elle s'installe à Paris au début du xixe siècle et y fréquente les salons de Germaine de Staël ou de Constance de Salm, qui l'encourage à publier son essai Opinion d'une femme sur les femmes, en 1801.
    Féministe à une époque où le mot n'existait pas encore, Fanny Raoul réclame l'indépendance des femmes, leur accès à l'éducation, à tous les métiers et à toutes les fonctions.

  • Qu'est-ce qui réunit Smith, Polanyi, Friedman, Keynes, Marx et Schumpeter ? Chacun, à sa manière, refuse les grilles de lecture de son temps et la pensée économique mainstream. Face aux mutations enfantées par les révolutions industrielles, ils sont tous des penseurs de l'alternative : ils questionnent l'intervention étatique, le risque d'épuisement de la croissance, son contournement par l'innovation et, surtout, la dose tolérable d'inégalités dans une société. Confrontés aux conséquences des grandes crises économiques contemporaines et des guerres industrielles, ces six auteurs clés posent les jalons de la macroéconomie. En s'appuyant sur de nombreuses citations, cet ouvrage analyse finement la pensée de ces six économistes et propose des mises en perspective pour comprendre les débats politiques contemporains.

  • Depuis les débuts de l'Antilope, nous rêvons de publier le lumineux discours que le comte de Clermont-Tonnerre prononça en 1789 devant l'Assemblée nationale, à propos de l'accession des Juifs à la citoyenneté. C'est lui qui a dit notamment : "Il faut refuser tout aux Juifs comme Nation, et accorder tout aux Juifs comme individus."À la même époque, d'autres discours montrent une franche hostilité, un soutien total ou de la bienveillance. Nous avons choisi de les publier aussi car ces opinions peuvent éclairer des questions propres à la citoyenneté dans la France contemporaine. Les a priori, les clichés, les convictions toutes faites n'ont guère changé depuis cette époque.

    Il s'agit de quatre députés qui ont siégé aux États généraux de 1789.Stanislas de Clermont-Tonnerre (1757-1792), député de la noblesse. Rejoint l'Assemblée nationale quelques jours après le serment du Jeu de paume.Henri Grégoire dit l'abbé Grégoire (1750-1831), député du clergé, se rallie au tiers état.Anne Louis Henri de la Fare (1752-1829), député du clergé. Quitte la France en 1791 et y reviendra en 1814.Victor de Broglie (1756-1794), député de la noblesse. Guillotiné en 1794.

  • S'appuyant sur de nombreux témoignages de soignants et aussi sur des documents officiels, cet ouvrage révèle la réalité d'un système de santé aujourd'hui très en difficulté, particulièrement après la pandémie du Covid-19. Il décrit la désorganisation des hôpitaux publics, la détresse de leurs personnels, le flottement des positions gouvernementales... Pour éclairer cet état des lieux, il revient sur l'histoire de l'hôpital public, de sa création en 1941 à nos jours ; il décrit notamment la politique d'austérité mise en oeuvre par les différents gouvernements depuis quarante ans et en particulier les choix successifs qui ont contribué à dégrader progressivement les capacités du système hospitalier.
    En découle une équation problématique : notre population est vieillissante, notre taux de natalité encore élevé et notre système hospitalier engorgé, en burn out chronique. Réfutant l'idée que l'hôpital est une entreprise comme les autres, qui doit générer du profit, Pierre Ivorra propose de réformer l'hôpital public en visant une meilleure gestion des ressources. S'appuyant sur ses compétences d'économiste, il formule un programme concret de réhabilitation, à court et moyen terme, afin de recréer un cercle vertueux, en reliant le financement de la santé publique à l'activité des entreprises et à la création des emplois.

  • Dans une société plurielle, apprendre aux enfants à respecter les autres, leurs différences, leurs besoins est essentiel pour bien vivre au quotidien.

  • Il y a des paris qui viennent renverser l'ordre des choses. Celui de la pédagogie sociale consiste à ne pas agir en milieu confiné, à assumer la rue, la vie, l'altérité. Trois ou quatre enfants, un ou une pédagogue, les transports en commun et voici le monde source infinie de rencontres, d'expériences et de connaissances. La joie du dehors c'est ce sentiment du petit groupe qui part à l'aventure, c'est cet élan qui pousse vers l'inconnu. La joie du dehors c'est remplacer la peur par la confiance donnée aux parents, aux enfants et à toutes les personnes rencontrées sur le chemin. La joie du dehors c'est un pari pédagogique : et si le monde n'était pas infréquentable ? Et si côtoyer à la fois les marges et les centres, géographiques et symboliques, était une condition pour s'émanciper ?

    Guillaume Sabin est ethnologue, investi dans diverses expériences d'éducation populaire. Il est l'auteur de L'Archipel des égaux, luttes en terre argentine(Presses universitaires de Rennes, 2014).



    Le réseau des Groupes de pédagogie et d'animation sociale agit depuis les années 1980 sur différents territoires populaires de Bretagne. Initiateur de la pédagogie sociale en France, il est composé d'une vingtaine de pédagogues de rue qui pratiquent au quotidien la joie du dehors.

  • Lire l'entretien avec Maïté Juan et Jean-Louis Laville, paru dans la Lettre érès 44

    L'innovation sociale est partout considérée comme vertueuse mais cet éloge unanime ne saurait faire illusion. Elle regroupe en fait un ensemble de pratiques très diversifiées, voire divergentes. Deux approches contrastées sont ici dégagées : la première qualifiée de social business se contente d'une amélioration du modèle économique dominant, l'innovation s'inscrivant dans une perspective réparatrice et fonctionnelle ; la seconde, du côté de l'économie solidaire, a pour horizon une démocratisation de la société.

    Cet ouvrage propose un bilan inédit du social business (Amérique, Asie, Europe) qui a pris l'ascendant dans différents continents alors que les effets de réalisations restent difficiles à cerner.

    S'éloignant du discours dominant, il met aussi en lumière les multiples innovations citoyennes qui s'attaquent à des problèmes structurels affectant le quotidien des populations. Dans ces dynamiques de politisation ordinaire, les habitants retrouvent un pouvoir d'agir. Certaines collectivités locales commencent à les soutenir, à l'instar de la mairie de Barcelone dont l'expérience primaire de municipalisme valorise les communs autant que les alliances entre acteurs, chercheurs et responsables politiques.

    Ces formes alternatives d'innovation sociale s'opposent ainsi à l'uniformisation managériale et viennent alimenter de manière originale le débat sur la transition écologique et solidaire qui agite les acteurs engagés, les travailleurs sociaux autant que les scientifiques et les élus.

  • La culture doit etre l'un des plus ambitieux projets africains au xxie siecle. Au moment ou la mondialisation et la pandemie de Covid-19 accelerent tous les processus de dematerialisa- tion des economies, il nous faut envisager la culture africaine comme une boussole capable de montrer aux Africains et au reste du monde un nouveau cap.

    Prise dans son acception la plus large, englobant la litterature, les arts vivants, les langues, les arts plastiques, les productions audiovisuelles et cinematographiques, la musique ou l'architecture, la culture doit faire l'objet d'une promotion et d'une strategie de developpement a l'echelle continentale portee par une volonte commune. Il s'agit d'une double revolution, spirituelle et economique, que les civilisations africaines, dans leur formidable diversite, doivent mener pour construire le xxie siecle.

     

    Ode aux richesses eternelles de l'Afrique, a sa jeunesse, a ses talents, a sa creativite, le texte de Moussa Mara est un manifeste qui invite a oeuvrer collectivement a une renaissance culturelle du continent africain, source d'inspiration pour les civilisations du monde entier.

  • Une démocratie sans autorité ?

    Alain Eraly

    • Eres
    • 5 Septembre 2019

    De la famille à la politique, la crise de l'autorité touche à peu près tous les responsables dans toutes les institutions. La perte de légitimité du politique et la crise des Gilets jaunes offrent une illustration frappante des raisonnements développés dans cet ouvrage. L'enjeu n'est pas d'apprendre à vivre sans autorité, mais d'engendrer des formes d'autorité plus respectueuses des valeurs de notre temps.

    Pour l'essentiel, la crise de l'autorité est une bonne nouvelle, son érosion engage toute notre modernité et rien ne saurait justifier de faire machine arrière. Il reste que ce déclin affecte en profondeur nos formes de vie et nos institutions. Partout, le besoin d'autorité se fait sentir, mais une autorité au service de la démocratie, du débat public, des droits et des devoirs, de la justice et l'équité, de la transmission des valeurs fondamentales, de la défense du commun contre l'emprise des intérêts privés, de l'adaptation des modes de vie à l'urgence écologique. Tout retour en arrière est proscrit : l'autorité est donc à réinventer.

  • « Cours, cours, camarade, le vieux monde politique est derrière toi ! »L'homme qui participa, en Mai 68, à la réinvention de la société, propose ici de fonder une forme d'action collective qui ne passe pas forcément par un parti politique.« Un parti, écrit-il, c'est un blindage, une structure fermée, presque génétiquement hermétique à la société. » Mais comment résoudre cette exigence d'ouverture quand notre imaginaire baigne dans une conception figée, contraignante, des rapports de force, quand il est vampirisé par « l'imaginaire capitaliste-libéral » ? Pour construire ce sujet pensant autonome capable d'engendrer un collectif lui-même pensant et autonome, « Dany » exhume une chaîne de penseurs comme le Français André Gorz, premier théoricien de l'écologie politique ; le psychanalyste grec, Cornelius Castoriadis, adepte de « l'utopie plausible » ; l'universitaire de Rabat, Fatima Mernissi, et son « miracle de la boîte noire où tu mets ton bulletin de vote » ; le sociologue allemand Ulrich Beck qui réinvente un contrat social fondé sur le risque. Une nouvelle fois, Cohn-Bendit agrandit le champ des possibles, tout en restant fidèle à ce qu'il appelle « ma ligne libertaire ».

  • « Yves Michaud produit dans ces pages un examen implacable de la société et même de la civilisation
    contemporaines. Il estime la citoyenneté défigurée par l'accumulation de manquements, de lâchetés, d'inconséquences, plus ou moins sournois et délibérés, plus ou moins visibles et cyniques.
    Le cofondateur de l'Université de tous les savoirs déplore que notre société cède sous les coups insidieux du dépérissement des élites politiques et intellectuelles, du laxisme protéiforme, d'une autorité lézardée, d'une victimisation triomphante, d'une aseptisation de la liberté d'expression. Alors, rétrograde ou visionnaire ? Conservateur ou audacieux ? Réactionnaire ou courageux ? L'exploration intellectuelle et sociologique d'Yves Michaud est un peu de tout cela. » Denis Lafay

    Yves Michaud est philosophe, ancien directeur de l'École nationale supérieure des Beaux-arts et cofondateur de l'Université de tous les savoirs et des forums de la démocratie et du savoir. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont récemment Contre la bienveillance (Stock, 2016) et Citoyenneté et loyauté (Kero, 2017).

  • Ce qui compte le plus, aux yeux de Patrick Norynberg, c'est le pouvoir du Nous. La capacité que nous avons, nous les gens, le peuple, de passer du Je au Nous dans nos têtes, concrètement, dans l'action et au quotidien.
    Depuis de nombreuses années, il s'attèle à faire vivre ce processus auprès d'élus locaux, responsables institutionnels, professionnels des collectivités locales, citoyens et leurs collectifs, associations. Tous ces acteurs qui agissent à titre professionnel ou militant pour faire vivre la citoyenneté active, pour construire des projets collectifs et transformer les territoires et les quartiers.
    Patrick Norynberg est un infatigable pollinisateur pour :
    o Témoigner sur des pratiques émancipatrices par la participation citoyenne et proposer des pistes concrètes pour agir. Contribuer à la promotion d'initiatives comme le label Villages et Villes citoyennes ;
    o Capitaliser les expériences remarquables, innovantes et valorisantes. Montrer combien les initiatives d'intelligence collective sont nombreuses ;
    o Faire des liens entre toutes ces initiatives ;
    o Conceptualiser pour interpeller les institutions et contribuer à agir sur les choix stratégiques à venir de l'État et des institutions en matière de citoyenneté et de démocratie...

  • Le présent ouvrage propose une introduction au champ d'étude de la sociologie du nationalisme. Il s'adresse aux étudiants en sciences sociales, ainsi qu'aux citoyens qui cherchent à expliquer et à comprendre les phénomènes nationalistes dans le monde contemporain. L'auteur analyse l'évolution de la recherche en la situant, d'une part, dans sa conjoncture historique et, d'autre part, dans le mouvement des transformations qu'a connu cette discipline depuis la fin de la Guerre froide. Puisant ses inspirations théoriques dans la tradition wébérienne, dans la sociologie historique et dans l'analyse politique contextualisée, ce livre illustre et met en relief les relations sociales, les modes de cognition, les stratégies comparatives et les processus sociaux qui sont étroitement liés à l'analyse du nationalisme. Une de ses caractéristiques est de faire voir que, si les approches macrosociologiques ont longtemps dominé la sociologie du nationalisme, il n'est plus possible, dans ce domaine comme dans d'autres branches de la sociologie politique, d'ignorer les mécanismes de niveaux mésosociologiques qui permettent de comprendre les pratiques nationalistes et ethniques dans leur contexte. Frédérick Guillaume Dufour est professeur de sociologie politique à l'Université du Québec à Montréal. Il a publié en 2015 l'ouvrage La sociologie historique. Traditions, trajectoires et débats dans la collection « Politeia » aux Presses de l'Université du Québec. Il détient une formation doctorale et postdoctorale en science politique des universités de York (Toronto), de Californie (Los Angeles) et du Sussex (Brighton). Avec la collaboration de Emanuel Guay et Michel-Philippe Robitaille.

    Frédérick Guillaume Dufour est professeur de sociologie politique à l'Université du Québec à Montréal. Il a publié en 2015 l'ouvrage La sociologie historique. Traditions, trajectoires et débats dans la collection « Politeia » aux Presses de l'Université du Québec. Il détient une formation doctorale et postdoctorale en science politique des universités de York (Toronto), de Californie (Los Angeles) et du Sussex (Brighton).

  • Les sociétés occidentales sont de facto multiculturelles et pluriethniques.

    La prise en compte de cette diversité dans les années 1980-1990 a fait place après 2001 à une montée des populismes, à un constat d'échec du multiculturalisme de la part de certains dirigeants européens et au retour à des politiques néo-assimilationnistes.

    Comment concilier cette diversité inhérente au monde occidental moderne avec les exigences démocratiques propres à l'État-nation ? Quelles réponses politiques apporter aux revendications identitaires ? Est-ce compromettre la notion de citoyenneté que de s'interroger sur la nécessité de reconnaître la spécificité culturelle et identitaire des groupes minoritaires ? Une citoyenneté multiculturelle est-elle possible ?

    Sans céder à un multiculturalisme béat, ce livre plaide en faveur d'une citoyenneté multiculturelle partagée au sein d'un système démocratique capable de combiner unité et diversité.

    Un essai qui questionne l'avenir de nos démocraties.

  • Lire l'entretien avec l'auteur (propos recueillis par Audrey Minart)

    Aujourd'hui, chacun sait qu'il vit dans un monde « complexe » composé de multiples « systèmes ». Mais ces mots de « complexité » et de « systèmes » servent le plus souvent davantage à opacifier les débats qu'à les clarifier. La complexité se confond alors avec le compliqué, réservé aux experts, ou bien elle devient un concept simpliste, un écran de fumée qui nourrit des sentiments d'irresponsabilité et d'impuissance.

    « Penser complexe » est à la portée de tous. Au prix de la remise en question de quelques habitudes paresseuses...

    En laissant ici de côté les débats théoriques des chercheurs en complexité, François Balta met à la portée de tout un chacun des éléments qui lui permettront de repérer si, face à un problème précis, la complexité de la situation est réellement prise en compte.

    L'enjeu est d'importance : nous ne devons pas nous laisser dépouiller de la part de responsabilité, et donc de pouvoir, qui nous appartient dans cette co-construction du monde. Y renoncer, ce serait nous soumettre à des hommes dits providentiels, ou à des mécanismes anonymes, et dans tous les cas, participer à une déshumanisation du monde.

  • Cette première synthèse intégrale de la pensée politique d'Émile Chartier (1868-1951, plus connu sous le pseudonyme d'Alain) se propose, à nouveaux frais et de manière soigneusement contextualisée, de redonner à Alain la place majeure et singulière qui lui revient dans l'histoire récente des idées : celle d'un penseur citoyen, d'un libéral de gauche compagnon de route du radicalisme, dont l'anti-étatisme, l'individualisme démocratique et le rationalisme laïque entrent en résonance profonde avec les préoccupations contemporaines.
    Jérôme Perrier entend ainsi rendre justice à cet insatiable chroniqueur, dont l'oeuvre a pâti d'avoir été disséminée en plusieurs milliers de « Propos » dans la presse de son époque. Contre le cliché de « philosophe pour classes terminales » qu'on a parfois cru devoir lui accoler en raison de son style sans jargon, il campe un Alain à la fois clair et profond, soucieux d'être compréhensible par tous, qui s'inscrit aussi dans la tradition des moralistes français allant de Montaigne à Camus.
    Jérôme Perrier, agrégé et docteur en histoire, a enseigné à Sciences Po Paris et à l'université de Versailles-Saint-Quentin- en-Yvelines.

  • Francfort, 1914. Ludwig est impatient de recevoir sa convocation pour partir à la guerre, même si partir au front implique de s'éloigner de sa bien-aimée. En tant que soldat allemand, il a le sentiment d'être enfin pleinement accepté par sa patrie qu'il souhaite servir au mieux. Bordeaux, 1914. Quand Louis, le fils d'un boulanger, apprend la déclaration de guerre, le temps est encore à l'insouciance. Malgré ses peurs, il écrit avec fierté à son père que, une fois au front, il pourra enfin se rendre utile au peuple français.

    Au coeur des horreurs de la Première Guerre mondiale, ce livre retrace le destin de ces deux protagonistes juifs. Sur la base de nombreux documents historiques, Avi Primor aborde les thèmes du premier amour, de l'absurdité de la guerre et du besoin d'appartenance.

  • Alors que la crise du modèle républicain est au coeur des débats qui traversent notre société, il faut (re)lire Robespierre, père fondateur de la République, qui apporte une vision et une voix qui frappent par leur modernité et la force vitale de leurs idéaux. Retrouver cette parole, c'est se pencher sur ces questions simples mais fondatrices : quels rapports doivent régir les croyances religieuses et l'idée républicaine ? Comment une République garantit-elle à ses citoyens l'équité, la justice sociale et l'entraide ? Qu'est-ce, enfin, qu'une "République" ?

  • Qu'est-ce qu'être une intellectuelle critique aujourd'hui? Comment se situer par rapport aux luttes sociales? Que signifie l'engagement citoyen à l'ère du néolibéralisme? En prenant appui sur la pensée d'Hannah Arendt, Diane Lamoureux tente de répondre à ces questions dans six textes - dont un sur le Printemps érable - qui reflètent son parcours d'universitaire, de militante et de féministe.


    Pour elle, le rôle des philosophes politiques dans les démocraties occidentales contemporaines est d'entretenir le processus de réflexivité des sociétés sur elles-mêmes. Mais cette contribution au débat public devrait davantage se faire en soulevant des questions qu'en apportant des réponses, car la politique est d'abord et avant tout une activité collective qu'il convient de «déprofessionnaliser». Pour débusquer l'injustice, la domination et l'oppression, Diane Lamoureux suggère de miser sur les pratiques délibératives et l'intelligence citoyenne: «Ce que je propose, c'est une pratique d'accompagnement/aiguillonnage citoyen qui refuse le confort, l'indifférence et le cynisme et qui reconnaît que toute vérité est au mieux provisoire et locale.»


    Avec un souci constant de solidarité et d'inclusion, Diane Lamoureux insiste sur la diversité des luttes contemporaines pour l'émancipation, sur l'importance de la référence aux droits et sur l'aspiration à une autre forme de démocratie. Elle nous invite, du même souffle, à retrouver ce «trésor perdu» de la politique.

  • Préface de Lynda Thalie, lu par Nina Bochelert
    Samia est encore toute petite lorsqu'elle comprend qu'elle n'est pas la bienvenue dans cette riche famille musulmane où la présence d'une fille est une véritable punition d'Allah.
    Son père la domine, sa mère la rejette et ses deux frères aînés, conscients du traitement injuste dont elle est victime, ne peuvent rien pour elle. Elle est seule au monde, et lorsqu'on daigne s'adresser à elle, ce n'est jamais pour la porter aux nues.
    Elle n'a que seize ans lorsqu'on la marie malgré elle à un employé de son père. Un régime de terreur s'installe alors dans sa nouvelle demeure. Elle se tourne vers son père et sa mère pour obtenir de l'aide, mais elle reçoit toujours la même réponse: elle est une femme, et une femme doit respect et obéissance à son mari en n'importe quelle circonstance.
    Battue et violée à répétition, Samia ne peut s'appuyer que sur elle-même pour se sortir de ce cauchemar qui n'en finit plus. Les années passent et la situation ne fait que se détériorer. De surcroît, l'Algérie a basculé dans l'intégrisme religieux; l'usage du chantage et de la peur est devenu quotidien.
    Samia, maintenant mère de plusieurs enfants, n'a désormais qu'une seule idée en tête: fuir vers la liberté; fuir pour respecter sa promesse faite à ses petits qu'un jour la lumière et la paix seront au menu tous les jours de leur vie.
    Mais sa route est jonchée de milliers d'obstacles et de dangers mortels...

  • Projet politique élaboré par le philosophe Murray Bookchin (1921-2006) pour donner une armature institutionnelle à son programme d'écologie sociale, le municipalisme libertaire
    propose une solution de rechange radicale à nos démocraties représentatives en déliquescence: une démocratie participative, directe, exercée au niveau local grâce à une profonde décentralisation du pouvoir. En quinze courts chapitres, Janet Biehl présente avec clarté cet ambitieux projet, dans ses aspects tant théoriques que pratiques.

    À la différence de beaucoup d'anarchistes, Bookchin reconnaît un rôle aux institutions politiques, du moment qu'elles favorisent la liberté. Les municipalités recèlent selon lui un tel potentiel. Celles d'aujourd'hui ne sont qu'un pâle reflet des fières cités qui, de la polis athénienne aux «towns» anglo-américains en passant par les villes médiévales, ont fait le pari de l'autogestion citoyenne. Janet Biehl en retrace l'histoire, à la recherche non pas de modèles, mais de matériaux pour reconstruire un champ politique dynamique dans le cadre d'une confédération de municipalités, la «commune des communes». Elle détaille ensuite les défis concrets qui attendent un mouvement municipaliste, notamment l'opposition inéluctable du système capitaliste et de l'État-nation.

    Comme le souligne la philosophe Annick Stevens en préface de cette édition révisée, «Janet Biehl nous aide à ancrer la quête de l'autonomie politique dans la meilleure part de notre héritage historique, à anticiper toutes les difficultés qui ne manqueront pas d'accompagner ce long processus, et surtout à retrouver l'énergie et l'enthousiasme sans lesquels il n'est pas de changement radical possible».

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