• Rouen, occupé par les Prussiens, durant la guerre de 1870. Des bourgeois tentent de fuir la ville en diligence. Parmi eux se trouve une prostituée, celle qu'on surnomme Boule de suif. Tous vont abuser de sa générosité et la forcer à céder au chantage sexuel d'un Prussien. Maupassant dresse ici un portrait inégalé de l'hypocrisie et de la lâcheté humaines. Il condamne sans appel la guerre et la classe dirigeante, paternaliste et profiteuse. Il nous communique toute sa tendresse pour une fille au grand coeur, symbole d'une résistance vouée à l'échec.

  • Amok

    Stefan Zweig

    Sur le pont du transatlantique qui doit le ramener de Calcutta en Europe, le narrateur est brusquement arraché à sa rêverie par la présence quasi fantomatique d´un autre passager, qui se décide, lors d´une seconde rencontre, à lui confier le secret qui le torture... « Amok [...] est l´enfer de la passion au fond duquel se tord, brûlé, mais éclairé par les flammes de l´abîme, l´être essentiel, la vie cachée.» Romain Rolland Préface de Romain Rolland. Traduction d´Alzir Hella et Olivier Bournac. Révision de la traduction et postface de Brigitte Vergne-Cain et Gérard Rudent.

  • Ce texte est l'une des plus célèbres des six nouvelles du sulfureux recueil Les Diaboliques. Cette histoire cynique et amorale raconte la passion adultérine dévorante qui unit le comte Serlon de Savigny à la belle Hauteclaire Stassin, maîtresse d'armes avec qui il aime à croiser le fer. Mais le comte est marié...

  • Sniper blanche

    Jose Noce

    • Ska
    • 1 Octobre 2017


    L'hôtel Tennyson Arms sur l'ile de Salina est exceptionnel de luxe et de beauté... Malheur à ceux qui viennent troubler ce paradis...

    « Il saisit un fusil à lunette avec silencieux qui reposait sur un socle et le lui mit délicatement dans les bras. Sans un mot, il lui désigna une cible dans un angle. Elle s'exécuta. Elle y vida les quatre balles du chargeur avec lenteur, mais sans la moindre hésitation. En réglant à chaque fois son souffle. Il lui fit signe de reculer et alla vérifier les impacts. Une minute plus tard, ils repartaient en souriant vers le bar de l'hôtel... »
    José Noce n'a pas fini de nettoyer le monde. On parle de nettoyage éthique concernant ces missions salutaires conduites par des héros obscurs, sorte d'éboueurs planétaires. Après la compil' Sniper qui vient de paraitre, Mister Jo reprend du service... avec des dames...

  • Cercueil express

    Mouloud Akkouche

    • Ska
    • 1 Juin 2018


    Pour assister en Kabylie à l'agonie de sa mère, l'opposant interdit de séjour recourt à la bière...

    « - T'es revenu, mon fils. Elle se laisse tomber dans mes bras.
    - T'es revenu...Elle se pousse légèrement et lève la tête vers moi. Je garde ma main sur sa hanche, de peur qu'elle ne tombe à la renverse. Première fois que je la sens si fragile. Gosse, je pensais qu'elle était indestructible et que, tant qu'elle se trouvait dans les parages, je ne craignais rien. Après l'âpreté du labeur pieds nus dans la rocaille et les champs, les pluies de bombes, les accouchements accroupie dans une maison sans eau ni électricité, le froid de l'hiver, les canicules, les mauvaises récoltes, elle avait vécu une autre guerre invisible - plus longue, quotidienne et répétée de génération en génération -, celle de l'assujettissement à son père, ses frères, son mari, ses fils. »

    Une grande sensibilité transparait dans cette nouvelle. L'amour pour sa mère d'un fils banni, séparés par la Méditerranée et interdit de séjour dans son pays natal, saura suggérer à ce dernier une initiative pour le moins insolite... Finesse de l'écriture, dialogues resserrés. Du grand Mouloud Akkouche.

  • Décroisser la lune

    Roland Sadaune

    • Ska
    • 1 Janvier 2018


    Décroisser la lune, est-ce hors de portée pour ce SDF secrètement amoureux de la boulangère bienfaitrice ?...

    « - Prenez... Plus froid que la semaine dernière, n'est-ce pas ? Je la devine pressée mais disponible, discrète mais enjouée. Je récupère le sac en papier garni de je ne sais quels délices. L'odeur flatte mes narines, tandis que j'enregistre mille myriades dispensées par son regard éblouissant.
    - Merci beaucoup. Oui ça... ça pique ces jours-ci, je bredouille. Je me tiens dans la flaque de lumière du trottoir, héron mazouté.
    - Ils ont prévu zéro degré, sourit ma bienfaitrice. »

    Dans la rue, la concurrence est féroce entre miséreux. Sadaune pose sur eux un regard chaleureux et humain, en mesure de découvrir ce que cachent les oripeaux de la pauvreté extrême.

  • Fligth to Kidney

    Franck Thilliez

    • Ska
    • 1 Mai 2017

    What's left to sell when poverty took it all? Your body, whole or by bits... As she was unwrapping a brand new pair of Jimmy Choos, while all he had unwrapped this last two to three years were the pills he couldn't live without anymore, in between dialysis as he always was, she suddenly noticed her husband was troubled. - What's wrong with you? - I've met him, he breathed. He's 29 and has a wife called Haniya. He's a pauper. He doesn't read nor write and barely has enough to survive. He didn't even know what a kidney was. Best-seller author Franck Thilliez offers a short story which is just as documented as his well-known thrillers. It gets its facts from the harsh iniquities of our world where cash is king. Ska is very proud to have Franck Thilliez in its catalogue. EXCERPT "So, who wrote this internet response for you? Moussa Zahran had put on an old pantsuit and a white shirt. He was closely shaved, had put perfume on, oiled and combed back his heavy mass of black hair. He wanted to look presentable. The applicants might be many and it was not every day one could earn that much money. - I did, he answered shyly. The man shoved a sheet of paper and a pencil in his hands. - Write something. ABOUT THE AUTHOR Born in 1973 in Annecy, Franck Thilliez is currently living in the North of France. Initially working as a web developer, he is now one of the best-selling authors on the French market.

  • Jeanne Desaubry, romancière, s'adonne aussi aux petites formes littéraires comme la nouvelle noire avec une réussite éclatante et sombre en même temps.. Voici quelques nouvelles compilées illustrant son talent...
    « Ils sont venus me cueillir aussi, plus tard. Ils ont emmené Léna en foyer. Je me suis sentie soulagée. C'est vrai que ces endroits-là, c'est pas ce qui se fait de mieux, mais ma gamine, au moins, elle était enfin en sécurité. Loin de Richard. J'ai avoué tout ce qu'ils voulaient. Ils n'en revenaient pas. J'ai vu les gendarmes, le juge, l'assistante sociale, un avocat commis d'office. Je leur ai tout raconté. Sans rien cacher. Comment il nous battait. »

    Artiste du genre recherchée pour animer des ateliers d'écriture, son style est tranchant, sec, limpide... du noir à l'éclat de diamant...

  • SNIPER la série

    Jose Noce

    • Ska
    • 1 Juin 2017

    Ces bienfaiteurs n'ont peur de rien. Il faut bien nettoyer les ordures qui polluent la planète, et eux se dévouent en flinguant à tout va...
    « Madère regroupait déjà quelques brebis égarées du troupeau VIP des Nettoyeurs Internationaux Révolutionnaires. Les fameux NIR, qui écumaient la surface de la terre de tous ses parasites notoires, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Sans que jamais, jusqu'alors, on eût pu mettre un nom sur leurs faits d'armes à dominantes éthiques. Aussi, comme pour deux ou trois autres îles éparpillées de par le monde, celle-ci, à mille kilomètres de Lisbonne et à la latitude de Casablanca, servait-elle de repli stratégique, accessoirement de maison de repos pour la vieille garde, et concrètement de réserve financière anonyme depuis de nombreuses années. Les NIR avaient un pion décisif sur chaque île choisie... »

    Exutoire ou projet politique ? Faut-il que José Noce cet écrivain pacifique et amoureux de la vie, soit pétri de colère pour vouloir, par personnages interposés, tirer dans le gros tas des salauds qui salissent la planète et ruinent l'espoir. Il n'est pas au bout de ses peines, la série comprend encore de nombreux épisodes.

  • Les petites musiques

    Claire Rivieccio

    • Ska
    • 1 Janvier 2016

    Simple d'esprit, elle donne son corps pour entendre les petites musiques du coeur, jusqu'à l'heure de sa revanche. Bâtarde ! C'est vrai qu'à la maison non plus elle n'avait pas de prénom. Le père l'appelait la bâtarde, la mère ne l'appelait pas. Bâtarde et attardée, « abâttardée »... Drôle de pedigree pour une drôle d'existence pas franchement plaisante. Heureusement que la Jeannette lui avait appris à voir la vie en Technicolor avec les petites musiques... Claire Rivieccio nous livre une novela d'une grande intensité due à la vérité de son personnage principal si bouleversant. Écoutons la petite musique de cette auteure, elle recèle une mélodie narrative brillante. EXTRAIT Encore heureux que la Jeannette, qui n'était pas difficile question diplômes, l'ait embauchée dans son hôtel-restaurant, car au village, personne ne voulait s'embarrasser de cette gamine. « Attardée » ou « retardée », la mère ne savait plus très bien quelle étiquette la maîtresse d'école avait collée sur son enfant. Toujours est-il que c'était noté quelque part dans le dossier qui l'avait conduite à l'institut spécialisé pour jeunes déficients, où elle avait séjourné jusqu'au mois dernier. A PROPOS DE L'AUTEUR Pour commencer Claire Rivieccio est toujours passée par des endroits qui menaient quelque part à condition d'en sortir, l'hôpital de Garches où son père était instituteur lorsqu'elle était enfant, le Berry profond pour ses années de collège et de lycée, la Sorbonne, puis le journalisme et la télévision pendant une quinzaine d'années à Paris. Dès que l'occasion s'est présentée, elle a voyagé et exploré la planète avec une curiosité toute particulière pour la nature humaine, ses travers et ses contradictions. En 1994, au terme d'un long voyage à la voile, elle quitte définitivement le panier de crabes de la capitale pour s'affirmer en tant que réalisatrice et auteur à La Rochelle. Dans la foulée elle met un point final à son journal intime et signe un premier polar "les Dames à Chiens". Fin 2007, pas rancunière, elle revient vivre dans le département de l'Indre où elle écrit un second polar "Sainte-Erecta". Aux dernières nouvelles, son imagination la mène toujours par le bout du nez et elle continue à écrire...

  • Obione, la compil'

    Max Obione

    • Ska
    • 1 Octobre 2016

    Un recueil de 20 nouvelles dans lequel Max Obione fait mouche, en plein dans le coeur noir de la cible. Elle sentit une sueur chaude envahir le bas de son dos. Elle connaissait le danger, elle avait lu les cahiers, elle avait près d'elle cet écrivain que l'institution psychiatrique allait détruire à force d'électrochocs et de chimie. Elle n'était que sensations humides, troublée tant par le désir que par la transgression professionnelle. « J'ai lu vos cahiers. » murmura-t-elle en frissonnant. Elle souhaitait qu'il la caressât. Maintenant. Elle souhaitait qu'il la parcourût, qu'il jouît aussi de sa peau à elle, sur laquelle aucune main d'homme ne s'était posée depuis si longtemps, et aussi qu'il continue à écrire, un jour prochain, si bien. Sa peau à elle... La main d'Oskar se posa sur sa jambe. (extrait de La peau des femmes) Malgré sa bonne bouille de marin de haute mer coincé à terre, il ne titube pas, ne contemple pas les vagues inopérantes s'écrasant sur grèves et rivages divers, et s'ancre peu à peu dans la noirceur du paysage. Il écrit de ces textes clairs à force d'être sombres, évidents dans leur brutalité, souvent charnus et poétiques, dérangeants et patients, parfois pleins d'un humour cynique grand gabarit, récits qui nous renvoient parfois à cette littérature « hard boiled » que nous aimions tant, pour sa passion métaphorique et sa « vista » comportementaliste. Mais sans les archétypes et marronniers qui encombrent souvent le polar. [extrait de la préface de Jean-Bernard Pouy à L'ironie du short (Krakoen)] Retrouvez l'univers noir, à mi-chemin entre polar et littérature érotique, des récits de Max Obione ! EXTRAIT DE MONSIEUR BOVARY Quand Marcel Bovary décrocha son fusil, on eut dit que sa vie était en jeu. On sut plus tard que le gibier portait des escarpins Prada. Il enfila cinq cartouches de chevrotines dans le magasin du fusil, actionna la pompe. Il grommelait indistinctement, sa moustache frémissait, ses yeux fixes étaient ceux d'un fou. Pas le temps de mettre sa casquette. La R16 démarra en trombe aspergeant le parterre de pétunias d'une gerbe de gravillons. - Ah ! C'est que tu veux plaquer Marcel, ma salope ! Il répétait, répétait cette phrase en serrant les dents, substituant vache à salope, et réciproquement. Il frappait le volant de sa main droite avec rage. Parfois il redressait l'arme calée contre le siège passager que sa conduite brusque chahutait. À PROPOS DE L'AUTEUR Max Obione s'est emparé du noir sur le tard afin de donner libre cours à son tempérament libertaire. Dans ses polars et ses nouvelles, ce jeune auteur tardif revisite les archétypes du genre. C'est un franc-tireur des lettres qui, se reposant du noir un temps, met du rose à sa palette. Sur le chemin de la littérature érotique, il commence à semer des cailloux libertins. Mais le noir demeure sa couleur de prédilection.

  • Juarez 1911

    Marc Villard

    • Ska
    • 1 Mars 2016

    Un gringo plongé au coeur de la révolution zapatiste recherche le mexicain qu'il doit exécuter... Le soleil claque. La route brûlante pétille sous la sécheresse. Dans les champs bordant l'artère, des ouvriers agricoles, mexicains pour la plupart, arrosent des plans d'oignons et de salades. Les villages se suivent : Donna Anna, Las Cruces, San Miguel, Anthony. Il est vingt-trois heures quand Parker pénètre dans El Paso. Il gagne les confins de la ville et parvient au bord du Rio Grande. Quelques badauds observent à la jumelle la rive mexicaine. On entend des coups de fusils isolés en provenance de Ciudad Juarez. Parker se rapproche d'un homme blond, feutre noir et appareil photo en bandoulière. « Excusez-moi, peut-on gagner Juarez ?... Première incursion de Marc Villard dans la fiction western. Il abandonne ici les sonorités jazzies pour les mariachis, le macadam de Paris pour la poussière de Juarez, en pleine Révolution. Avec la même maestria il tisse un conte d'amour et de mort sur fond de révolution mexicaine. Une vraie curiosité, une belle réussite. Une nouvelle noire qui vous plonge dans la chaleur du soleil mexicain et pourtant vous fait frissonner... EXTRAIT Jim Parker faisait face aux champs de maïs en soupirant. Derrière lui, le vétérinaire descendit d'une guimbarde flambant neuve, mais geignarde. La mère de Jim se tenait debout devant le corps de son mari, à l'entrée d'un enclos prévu pour dresser les chevaux ; formant voûte, des nuages gonflés de pluie assombrissaient la forêt proche. Le vétérinaire, un homme de cinquante ans, à la barbichette bien taillée, se porta vers le jeune homme. « Qu'est-ce qu'il s'est passé, Jim ? - Papa s'était mis en tête de dresser une jeune pouliche. Avant de la faire trotter à la corde, il s'est approché de la bête par derrière et a pris une ruade en plein front. Mort sur le coup. - Seigneur... et le cheval ? - Elle s'est brisé l'antérieur droit en retombant contre un rondin. » A PROPOS DE L'AUTEUR Né à Versailles, Marc Villard joue au foot à Reims, devient graphiste en sortant d'Estienne, tape sur des caisses dans un groupe de rock, se lance dans la poésie et publie dans des revues. Puis il est saisi par la fiction. En 81 paraissent simultanément son premier recueil de nouvelles, Nés pour perdre, son premier scénario, Neige, et son premier roman, Légitime démence, écrit en collaboration. Poésie, jazz, rock tapissent son imaginaire fertile. Parmi les nouvellistes tout genre confondu, Marc Villard est reconnu comme l'un des plus originaux et des plus féconds. Ces derniers recueils, parfois avec son complice Pouy, sont des musts.

  • Un clou chassant l'autre

    Damien Ruzé

    • Ska
    • 1 Juin 2016

    Entre Raqqa et Bruxelles, les âmes perdues du djihad vont châtier les kouffar (mécréants)... « La vengeance est un plat qui se mange halal. Entre Raqqa et Bruxelles, les âmes perdues du djihad vont châtier les kouffar sans verser une goutte de sang, frappant au hasard, utilisant les points faibles de l'Occident : son insatiable soif de plaisir et sa létale propension au désespoir. » Damien Ruzé : un ton, un rythme, une prosodie si noirs qu'on pourrait s'y égarer à jamais. À lire de toute urgence, ce texte écrit en janvier 2016, violemment prémonitoire. EXTRAIT Un dernier doigt d'honneur à cette putain de Belgique qu'ils haïssent, ses pétasses blondes et grasses refusant de se faire basculer, sa jeunesse hystérique et dépravée, américanisée. Farid a juré sur le Coran. Si Djellal tombe, il mettra le plan à exécution. Leur plan. Asymétrique. Fulgurant. Imprévisible. Une oeuvre d'art. Une installation. Djellal se bidonnera au paradis, matant l'hécatombe sur écran géant entre deux coups de chibre dans une vierge céleste. Farid se marre tout seul comme un con, ouvre la fenêtre, propulse la cigarette d'une pichenette dans la cour pavée. Rira bien qui rira le dernier. A PROPOS DE L'AUTEUR Né au siècle dernier dans l'Est de la France, retraité de l'Éducation Nationale depuis l'âge de seize ans, Damien Ruzé a exercé diverses professions, successivement trader, auteur-compositeur, ingénieur du son, journaliste, réalisateur, liste non exhaustive. Vivant aujourd'hui à l'étranger, il partage son temps entre son amour de la nature et de l'humanité, son métier dans la publicité, et l'écriture de romans sombrement policiers.

  • Flash mortel

    Jan Thirion

    .

  • Pigeon viol

    Gérard Streiff

    .

  • Luna Park

    Franck Thilliez

    • Ska
    • 1 Mai 2017

    Le tourisme à thème peut réserver des surprises lorsqu'on se retrouve seul sur le site de la centrale nucléaire éclatée de Tchernobyl... Je dois changer d'endroit, ils ont peut-être aperçu le faisceau de ma lampe et je ne suis plus en sécurité, ici. J'ai pensé « Ils », pourquoi j'ai pensé « Ils » ? Je ne peux m'empêcher de songer à ces photos que j'avais vues il y a quelques années : ces visages déformés par les radiations, ces êtres hydrides nés d'aberrations génétiques, de mutations induites par l'atome. Et s'ils se cachaient là, dans les bois ? Je cours vers le couloir et me réfugie à l'aveugle dans les escaliers. J'ai peur, je pense à nouveau à l'attitude des militaires, aux mots du guide : Il faut quitter la zone avant 18 h 00. Je descends en toute hâte et avance prudemment dans le hall de l'immeuble, jusqu'aux abords de la rue. Il fait un froid glacial. On ne présente plus Franck Thilliez qui figure parmi les meilleurs auteurs français de thriller. Ses romans et ses nouvelles s'ancrent dans les réalités scientifiques angoissantes de notre temps. Tchernobyl est évoqué ici par celui qui traque les apprentis sorciers du « progrès ». EXTRAIT Alex, Théo et moi, nous jouons à ce petit jeu depuis des années : nous introduire dans des endroits abandonnés, souvent interdits, et y passer la nuit. Frapper toujours plus fort, plus haut, repousser les limites de notre débilité. À chaque fois, on en crève de peur et pourtant, on y retourne. Il s'agit d'une question de tradition et de fierté entre nous. Alors, qu'est-ce qui peut pousser trois cadres supérieurs à agir de la sorte ? On n'a jamais su vraiment l'expliquer. Peut-être parce qu'on gagne plus d'argent qu'il n'en faut, qu'on a déjà des vies rangées dans de petites boîtes pré-formatées et que les voyages d'entreprise avec saut à l'élastique en option ne nous suffisent plus. À PROPOS DE L'AUTEUR Né en 1973 à Annecy, Franck Thilliez vit actuellement dans le Pas-de-Calais. Il est notamment l'auteur de Train d'enfer pour Ange rouge (La Vie du Rail, 2003), L'Anneau de Moebius (Le Passage, 2008), Le Syndrome E (Fleuve noir, 2010) ou Pandemia (Fleuve noir, 2015). L'ensemble de ses titres, salués par la critique, se sont classés à leur sortie dans la liste des meilleures ventes.

  • Aigre doute

    Marie-Claire Boucault

    • Ska
    • 1 Mars 2017

    Les tourments d'un garçon soupçonneux dont la mère a disparu mystérieusement... ...je répugnais à penser que papa soit allé jusqu'à assassiner ma mère pour l'empêcher de partir. Je l'imaginais bien se mettre en colère et donner de la voix, au pire cogner du poing contre le mur, mais en aucun cas lever la main sur elle. Cela paraissait impossible... À moins que la dispute ait dérapé, qu'un simple geste d'énervement ait été fatal à ma mère : papa était si fort... Un grand froid me gagna en resongeant aux lunettes que maman avait peut-être perdues au cours de ce violent échange. Papa avait pu ensuite faire disparaître le corps dans la Loire. Un pêcheur connaît les endroits où elle est la plus profonde... Dans ce récit fluide, sans artifice, Marie-Claude Boucault met son héros, adolescent tourmenté aux prises avec un soupçon des plus perturbants : son père serait-il l'assassin de sa mère disparue ? En quête d'une mère... une histoire qui vous prend jusqu'au dénouement ! EXTRAIT Les habitants de Blois le savaient : la probabilité de se noyer dans le fleuve n'était pas négligeable. Et, parmi les victimes de la Loire, certaines resteraient à jamais englouties. Pareille pensée me plongeait dans une profonde tristesse car je me demandais si maman faisait partie de ces disparus, prisonniers des fonds sablonneux pour l'éternité... Si tel était le cas, j'avais une certitude : ce n'était pas pour y nager qu'elle était entrée dans l'eau. À PROPOS DE L'AUTEUR Diplômée de lettres, Marie-Claire Boucault a longtemps travaillé dans l'édition comme directrice de collections dans le domaine de la science-fiction (Fleuve noir). Mais quand elle prend la plume, c'est pour raconter des histoires bien ancrées dans notre époque, où le maître mot est le suspense. Depuis sa première nouvelle parue au Fleuve noir, en passant par ses romans Souris noire chez Syros, et jusqu'au premier "Polarado" de Ska, elle met en scène des jeunes héros du quotidien en proie à des difficultés inattendues.

  • Echouée

    Jérémy Bouquin

    • Ska
    • 1 Avril 2016

    Echouée sur une aire d'autoroute, elle soulage les hommes jusqu'au jour où la femme-épave se rebiffe... Myriam se tord un moment, la gamine, elle a vingt et un ans, tout au plus. Elle apprend la vie. C'est un peu un bébé. Pour elle, je suis « Mammy Branlette » ! Rien de plus, rien de mieux. Une putain de l'autoroute, un personnage burlesque, pittoresque du coin. Une permanente du secteur. Un fantôme un peu glauque de la route droite. « Qu'il repose en paix ! » laisse alors échapper la gamine. Elle ressasse la phrase de la nécrologie : « Qu'il repose en paix ! » Là, je me bloque. Je me braque, même ! « Non ! » Le pouvoir suggestif de la prose de Bouquin, le bien nommé, est efficace comme un uppercut au menton. Ça galope, ça cogne ! Le comble ? Comme un maso, on en redemande. Une nouvelle noire et saisissante dans la grande tradition du genre pour le plus grand plaisir des lecteurs... EXTRAIT 12 octobre 2001. C'est la date inscrite sur le ticket de l'autoroute. Un petit bout de carton imprimé, corné, jauni. Il est posé sur le rebord poussiéreux du tableau de bord de mon break Ford Mondeo. Il dort là, allongé au soleil. Un bout de papier ridicule. Comme un acte de naissance, comme une date d'anniversaire. A PROPOS DE L'AUTEUR Du polar, un peu de radio, un peu de vidéo, un peu de scenario de BD... Un berrichon devenu tourangeau qui raconte des histoires souvent très courtes. Auto-éduqué à grands coups de néo-polar, de "hard boiled", Jérémy Bouquin trouve donc naturel de se consacrer à la description subjective de cette vie de tous les jours qui tourne en vrille.

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