• Les cinq républiques d'Asie centrale qui sont devenues indépendantes en 1991, lors de la dissolution de l'URSS, sont des créations du système soviétique. Pourtant, bien qu'elles aient surgi entre 1924 et 1936 d'une volonté de rupture, et malgré les vicissitudes internes souvent dramatiques qui ont ponctué leur histoire, ces républiques ont réussi à perdurer et à se créer une légitimité.
    Quelles références identitaires font aujourd'hui des républiques d'Asie centrale un ensemble homogène ? En analysant les origines du nationalisme qui constitue leur soubassement idéologique, cet ouvrage donne au lecteur la clef des enjeux géopolitiques majeurs dans cette région du monde.

  • Un texte clair et dense pour rendre compte d'un moment historique, capital. Celui d'une guerre coloniale lointaine dont l'ampleur sans précédent, n'est pas perçue dans sa réalité par l'opinion des démocraties. Alors que les médias sont systématiquement empêchés de témoigner, Olivier Roy nous donne les clefs historiques, culturelles et politiques, qui seules peuvent éclairer les évènements d'aujourd'hui. Le reportage photographique ne recherche pas les effets faciles de l'actualité guerrière, mais s'efforce au contraire de nous confronter à la réalité quotidienne d'un peuple qui résiste.

  • Les traumatismes du nationalisme arabe.
    Pour comprendre la situation complexe du Moyen Orient aujourd'hui, il faut revenir à l'histoire et aux traumatismes successifs du nationalisme arabe qu'ont été le colonialisme européen, les défaites successives contre l'État d'Israël et plus récemment l'invasion américaine de l'Irak.
    L'islamisme radical relais du nationalisme.
    Cet enregistrement offre le recul et les clés pour déchiffrer le présent et comprendre l'émergence de l'islamisme religieux supranational et radical d'aujourd'hui qui a en grande partie pris le relais du nationalisme arabe laïc.
    Des équilibres complexes et instables.
    Il permet également de comprendre les rôles des différents acteurs dans une région où les équilibres ethniques, religieux, politiques et stratégiques, récemment bouleversés par la guerre en Irak, évoluent très rapidement.

  • Islam et Occident

    Olivier Roy

    Les tensions entre Islam et Occident.
    Pour comprendre les tensions et les questions qui se posent aujourd'hui entre un Occident à la fois triomphant et fragile et un monde musulman qui se sent en minorité, que faut-il savoir de l'Islam ? C'est en vain que l'on cherche dans le Coran ou la Tradition du Prophète la clé des problèmes actuels. Car cet ensemble a toujours fait lobjet d'interprétations et de débats.
    L'histoire des relations entre monde musulman et Occident.
    L'histoire nous montre un monde musulman diversifié, complexe et s'adaptant à des cultures très différentes. Dans le conflit comme dans la paix, le monde musulman de l'époque classique s'est érigé en symétrie et en miroir d'une Europe chrétienne. Mais aujourd'hui les deux mondes s'interpénètrent : le colonialisme hier et l'immigration aujourd'hui ont fait que l'Occident est en Islam et que l'Islam est passé à lOuest.Une interpénétration croissante. Dans les débats houleux sur la démocratie, la laïcité ou le statut de la femme, deux cultures ne s'opposent pas, mais se recomposent chacune dans des formes de religiosité qui leur sont communes et qui vont du libéralisme au fondamentalisme.

  • La puissante machine militaire soviétique tenue en échec par une paysannerie tribale d'un autre âge ! La guerre en Afghanistan est souvent réduite à la dernière version du combat de David et Goliath. C'est pourtant par-delà les combats quotidiens qu'il faut chercher la signification historique de la résistance afghane. Ancrée dans une longue tradition de mouvements populaires qui se dressent, au nom de l'Islam, contre les impérialismes étrangers, elle s'alimente aussi au revivalisme religieux qui parcourt le monde musulman d'aujourd'hui. Or, l'islamisme, loin de réduire la résistance à un combat d'arrière-garde, transforme en profondeur la société afghane dont il favorise la modernisation politique. Ne peut-on mettre en parallèle l'islamisme en Afghanistan et la Réforme protestante en Europe ? Telle est l'interrogation - décisive pour cette fin de siècle - qui traverse cet ouvrage de référence sur la guerre d'Afghanistan.

  • « Du 11 septembre 2001 au 11 janvier 2015, Olivier Roy a scruté les ressorts politiques et sociologiques de "l'islam mondialisé". À travers les tribunes et les entretiens percutants qu'il a donnés au Monde, le politologue éclaire d'un jour nouveau la "peur de l'islam" qui gagne les sociétés occidentales - récusant tout aussi bien les arguments droitiers et dominants de l'essentialisme (les musulmans seraient, par essence, inassimilables) que le plaidoyer gauchiste du multiculturalisme (c'est l'islamophobie qui, seule, provoquerait la radicalisation d'une partie d'entre eux). Des printemps arabes au nihilisme générationnel des jeunes paumés de la mondialisation, de l'échec de l'islam politique à l'engagement de la France contre l'État islamique, Olivier Roy donne des clefs pour comprendre la question musulmane. Et lance des raisons d'espérer en une France capable d'accorder ses idéaux à la pluralité des mondes.

  • Ce récit raconte une tentative de modernisation profonde d'un monastère bénédictin dans le sillage de Vatican 2. Cet épisode des années 1965 à 1972 est resitué dans l'histoire mouvementée du monastère de Maredsous. La vie de quelques moines remarquables est évoquée, mais le narrateur est le jeune abbé qui, élu à 37 ans, a conduit ces changements jusqu'à son éviction. Il avait décrit ce projet et ses débuts de mise en oeuvre dans Moines aujourd'hui (éd. de l'Épi) en 1972. Le présent livre complète ce récit et en retrace l'épilogue.

  • Changer

    Olivier Du Roy

    Cet ouvrage est consacré à la pratique du changement dans les entreprises à travers les méthodes que l'auteur a développé et pratiqué pendant près de quarante ans dans les entreprises industrielles. L'auteur livre ici l'essentiel de ses expériences et pratiques : autour de la conduite de projets, de l'accompagnement du changement, de la transformation des organisations, des métiers et des compétences du management et enfin de la prospective.

  • Au train où vont les choses, les « modèles » sont déclassés avant même d'être patentés. Les repères « naturels » de la morale s'effondrent. Dans ce changement des moeurs, où trouver une ligne de conduite rigoureuse ? Comment analyser les situations neuves que nous avons à vivre ? L'auteur propose des fondements nouveaux pour une morale humaine, au-delà de la loi et des modèles vertueux. Il mène cette démarche jusqu'à la conversion qu'exige la critique de toute morale par l'Évangile et suggère enfin comment la liberté évangélique mène à la pleine responsabilité humaine.

  • Ce livre rassemble des textes de chercheurs et chercheuses de plusieurs disciplines et des entretiens avec des leaders des Premières Nations travaillant à l'élargissement des espaces autochtones. Ces voix diverses donnent accès à des analyses de première main concernant les processus historiques et contemporains dans lesquels s'ancrent les relations entre les peuples autochtones, l'État et la société québécoise. Ces processus se font largement au détriment des premiers, comme la sphère publique québécoise commence à peine à le reconnaître dans la foulée de différents rapports produits pour les gouvernements fédéral et québécois. Ces rapports soulignent, du même souffle, les processus de résistance des peuples autochtones, de même que les trop lentes transformations sociopolitiques en cours.

    Peuples autochtones et politique au Québec : identités, citoyennetés et autodétermination apporte un éclairage novateur qui saura profiter tant aux spécialistes des questions relatives aux peuples autochtones qu'aux personnes soucieuses de mieux comprendre les dynamiques politiques qui marquent les communautés autochtones ainsi que la société québécoise dans son ensemble. Il présente des données de recherche inédites et des réflexions susceptibles de contribuer aux grands débats - concernant, par exemple, le racisme systémique, la violence contre les femmes autochtones et le partage du territoire ­- qui interpellent le Québec et le forcent à faire face à ses défis politiques.

    Stéphane Guimont Marceau est professeure adjointe au centre Urbanisation Culture Société de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) à Montréal. En tant que géographe, elle s'intéresse aux processus et géographies de colonisation et d'exclusion et à la construction des citoyennetés, à travers, entre autres, la relation entre Autochtones et non-Autochtones, les Autochtones en milieu urbain, ainsi que les espaces sociaux des jeunes et des femmes, particulièrement au Québec et en Amérique latine.

    Jean-Olivier Roy possède un doctorat en science politique de l'Université Laval (2015), et fut chercheur postdoctoral au sein du Groupe de recherche sur les sociétés plurinationales (GRSP, 2015-2016) et à l'École des affaires publiques et communautaires de l'Université Concordia (2016-2018). Il est spécialisé dans divers domaines : la pensée politique, la politique québécoise et canadienne, et les questions autochtones dans les contextes québécois et canadien. Ses recherches actuelles portent sur les thématiques autochtones, notamment l'autodétermination, le postcolonialisme, le nationalisme, les identités, les politiques publiques ainsi que les enjeux de citoyenneté et de démocratie.

    Daniel Salée est professeur de science politique et directeur de la School of Community and Public Affairs à l'Université Concordia. Il est titulaire de la Chaire d'études québécoises du Collège universitaire de Glendon (2003-2004) et directeur de la section Concordia, Chaire Concordia/UQAM en études ethniques (2002-2005). Ses domaines d'intérêt portent sur la citoyenneté et la politique identitaire, les relations interethniques, le nationalisme, la question autochtone, et la relation entre l'État et la société civile. Il est cochercheur au Centre de recherche sur l'immigration, l'ethnicité et la citoyenneté (CRIEC).

  • Dans son édition hivernale, Continuité s'intéresse à l'avenir du patrimoine bâti. Alors que la Loi sur le patrimoine culturel fête son cinquième anniversaire et que le gouvernement travaille au renouvellement de sa politique culturelle, la Table de concertation des acteurs nationaux en patrimoine bâti du Québec a organisé un grand sommet cet automne. Son objectif ? Réunir les forces vives du milieu afin de partager des expériences, de dresser un état des lieux, d'identifier les enjeux actuels du domaine et de proposer des actions pour l'avenir. Continuité profite de l'occasion pour rendre hommage à ces organismes et explorer avec eux le contexte dans lequel ils oeuvrent à la sauvegarde et à la mise en valeur de notre héritage bâti. Également au sommaire, une chronique sur la sauvegarde par la Société d'histoire de Charlevoix de la forge Riverin à La Malbaie, et une enquête sur le patrimoine immatériel de la MRC des Basques.

  • Sujet chaud, s'il-en est, c'est de laïcité dont il est question à la une du numéro du printemps de L'Inconvénient. En ouverture, Alain Roy met la table en distinguant d'abord laïcité et sécularisation, ou du moins effet sécularisant. Daniel D. Jacques fait une incursion au « royaume de la confusion », Yolande Geadah et Jacques Beauchemin s'entretiennent avec Georges Leroux, Guillaume Lamy discute de controverses identitaires, Joseph Rosen raconte sa vie entourée de voisins hassidim et Ugo Gilbert Tremblay offre ses considérations sur la laïcité, le droit et les moeurs. Ce numéro comprend aussi un photoreportage sur l'art de la boxe, le retour au réalisme où « une collectivité est abordée selon ses dynamiques d'intérêts et de pouvoir » dans des séries télé comme The Night of et Big Little Lies ainsi qu'un entretien avec David Dorais sur l'état de la critique littéraire au Québec.

  • « Faudra-t-il toujours lutter pour le français ? » demande L'Inconvénient en couverture de son numéro d'automne. Pris entre l'angoisse financière de la souveraineté et l'insécurité culturelle d'une nation minoritaire dont la présence maintenue au sein de la fédération canadienne ne peut que nourrir l'angoisse identitaire et linguistique, le Québec, en plein dilemme, se cherche, mais ne se trouve pas. La province comme société « divisée, déchirée, entravée par des peurs contradictoires qui ne veulent pas s'effacer » et le rapport à la langue autour duquel se cristallisent et s'incarnent ces peurs, voilà ce qu'explorent les collaborateurs de L'Inconvénient dans le dossier thématique de ce numéro. Lisez aussi la deuxième partie de l'essai « Le délire collectif des déclinistes français » d'Alain Roy, un portrait du peintre Mark Puchala par Marie-Anne Letarte, Stanley Péan qui parle de la saxophoniste jazz Christine Jensen et Sylvain David des « Communautés (ré) imaginées » dans les séries télé Fauda, Bron/Broen et The Fall.

  • Le dossier de ce numéro d'hiver de L'Inconvénient s'intitule « La société sans douleur », et pourtant, dixit Alain Roy, « la raison d'être de l'art, sa fonction oserait-je dire, consisterait ainsi à combattre une érosion de la sensibilité qui serait logée au coeur de l'expérience humaine ». Le plaisir esthétique sous forme de perversion masochiste, peut-être? Cinq auteurs (Ugo Gilbert Tremblay, Bertrand Laverdure, Céline Lafontaine, Michel Morin et Thomas Hellman) signent autant d'essais ou d'entrevues autour de ce thème. Si les textes de la section littérature sont ensuite consacrés aux derniers ouvrages de Catherine Mavrikakis, Yasmina Reza ou Amos Oz, la chronique peinture met en lumière les acryliques à la fois graphiques et organiques de Jessica Peters. Les nouvelles sensations en matière de séries télévisées sont bien servies par des articles sur Westworld, Narcos et Fargo. Quant à la tribune, elle est confiée pour ce numéro-ci à Jacques Godbout qui s'attaque à un sujet on ne peut plus dans l'air du temps : le retour du religieux.

  • L'idée du présent numéro nous est venue un peu par hasard, au cours d'une discussion où nous venions de constater que les fictions québécoises s'intéressent peu à la représentation des rapports de pouvoir et à ceux qui l'incarnent. Les luttes de classes, les clivages politiques, les relations entre groupes ethniques, la vie des riches et des puissants ne sont pas des thèmes qui attirent d'emblée nos écrivains, nos cinéastes et nos scénaristes. Pourquoi donc? Avons-nous peur du pouvoir?

  • Durant la seconde moitié du 20e siècle, les régimes communistes ont incarné la principale figure d'altérité pour l'Occident capitaliste et néolibéral. Après la chute de l'URSS, ces régimes ne pouvaient plus jouer ce rôle, et la recherche d'un nouvel Autre s'est donc imposée à la conscience occidentale. Les attentats du 11 septembre 2001 lui ont apporté ce qu'elle recherchait : désormais, le djihad serait le nouveau repoussoir contre lequel l'Occident affirmerait ses valeurs hégémoniques, comme si celles-ci ne pouvaient se soutenir d'elles-mêmes face à un « adversaire » pourtant vaincu d'avance.

  • Après quelques mois à peine de sympathie, en 1978-1979, la révolution iranienne rassembla contre elle, dans l'opinion occidentale, une sorte de front uni de la répulsion et de la crainte. Depuis la mort de l'Imam Khomeini, les signaux que nous envoie la République islamique, d'apparence plus ambiguë, donnent lieu à des interprétations hésitantes : l'annonce d'une réforme décisive dans le sens de l'ouverture économique est suivie du rappel très officiel que Salman Rushdie est toujours condamné à mort... Qu'en est-il ? Loin des stéréotypes, ce livre nous montre de tout près une société iranienne en pleine mutation, un régime politique en proie à tous les aléas d'une lutte factionnelle féroce mais feutrée, et un État soucieux, après des années d'isolement, de reprendre la place qu'il a toujours ambitionnée dans une région dont il reste l'un des « poids lourds ».

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