• Pauvre petit blanc Nouv.

    D'où vient l'idée étrange que les Blancs seraient aujourd'hui, au même titre que les minorités, victimes de discriminations, voire d'un "racisme anti-Blancs" ? Fruit d'une conscience raciale blessée, cette croyance trouve ses racines dans les Etats-Unis du XVIIIe siècle. Depuis quelques années, Donald Trump l'a plus que jamais politisée avec sa promesse de restauration d'une préséance blanche perdue, confisquée par d'autres. Une telle rhétorique victimaire résonne de notre côté de l'Atlantique, où l'on parle désormais de "déclin" ou de "stigmatisation" de l'homme blanc. En dévoilant les origines de ce discours, Sylvie Laurent démontre que le "pauvre petit Blanc" est un mythe, un tour de passe-passe des élites blanches qui s'approprient la posture de l'opprimé pour préserver leur statut et leur privilège racial, vivement contestés depuis les années 1960 jusqu'à Black Lives Matter.

  • Peu de figures universellement célébrées sont aussi mal connues que Martin Luther King Jr. La lutte pour les droits civiques et l'égalité des Noirs dont le pasteur baptiste prit la tête est remémorée comme un appel à la fraternité et à l'unité nationale que l'Amérique sut entendre. Ce récit édifiant a considérablement aseptisé la force révolutionnaire de sa pensée et la brutalité de l'oppression contre laquelle il s'insurgeait. Qui se souvient qu'à peine un an après avoir reçu le prix Nobel de la paix, King déclara que son rêve était devenu un cauchemar en raison de l'enracinement du système d'exploitation capitaliste ? La fin de la ségrégation institutionnelle en 1964 n'était à ses yeux qu'une étape. L'ultime phase de son combat, qui culmina avec la « Campagne des pauvres » et que son assassinat en 1968 laissa inachevée, fut quasiment effacée de la mémoire des États-Unis et avec elle le sens profond de son engagement. Penseur de la justice sociale, Martin Luther King opéra une extraordinaire synthèse entre christianisme, liturgie noire, non-violence, désobéissance civile et marxisme. C'est ce penseur avant-gardiste et radical à la postérité édulcorée que cet ouvrage entend faire redécouvrir en l'inscrivant dans une tradition de dissidence américaine trop souvent ignorée.Sylvie Laurent est américaniste, agrégée d'histoire et docteur en littérature américaine. Chercheur associée à Harvard et Stanford, elle enseigne à Sciences Po. Elle a notamment publié Homérique Amérique (Seuil, 2008) et Poor White Trash. La pauvreté odieuse du Blanc américain (Presses de l'université Paris-Sorbonne, 2011).

  • L'enthousiasme suscité par l'élection de Barack Obama a masqué la perpétuation des inégalités raciales aux États-Unis. Cinquante ans après le vote des droits civiques, le mouvement « Black Lives Matter » et les violences policières ciblées qu'il dénonce apportent un démenti cinglant à l'illusion de l'équité. La majorité des Américains affirme aujourd'hui que Blancs et Noirs disposent des mêmes opportunités et accusent les minorités d'être à l'origine de leurs propres échecs. Selon la doxa néolibérale du mérite et de la responsabilité individuelle que les Républicains comme les Démocrates ont enracinée dans le pays, le marché serait neutre et impartial : color-blind. Mais cette notion désigne-t-elle vraiment l'indifférence à la couleur de peau ou plutôt l'aveuglement face aux traitements discriminatoires que continuent de subir les Africains-Américains en matière d'éducation, de logement, d'emploi, de revenu et de justice ? En retraçant la genèse de l'idéologie postraciale aujourd'hui en vogue aux États-Unis, ce livre montre comment le triomphe de la doctrine néolibérale reproduit structurellement au sein de la société américaine un racisme qui ne s'avoue pas comme tel. Sylvie Laurent est américaniste. Chercheur associée à Harvard et Stanford, elle enseigne à Sciences Po. Elle a notamment publié, au Seuil, Homérique Amérique (2008) et Martin Luther King (2015 ; rééd. Points, 2016).

  • À la manière de la Grèce antique, l'Amérique ne cesse de se raconter sa propre histoire. Au cinéma, à la télévision, dans les romans populaires ou les magazines, elle écrit chaque jour sa légende et relit avec passion ses gloires et ses épreuves, ses croyances et ses doutes. Pourtant, sa mémoire est souvent cruelle. L'Amérique se rappelle ainsi, devant les Appalaches meurtries par l'exploitation industrielle, ce que fut autrefois son culte de la nature sauvage et innocente. Dans le souvenir tenace de la Guerre de Sécession et les brûlures du Vietnam, elle éprouve son unité et ses idéaux. Confrontée aux espoirs déçus des Africains-Américains et aux plaintes enragées du ' pauvre blanc ', elle mesure la fragilité de ses promesses d'égalité. Mais ces mythologies d'hier et d'aujourd'hui, véritable culture populaire, sont aussi une source de jouvence à laquelle viennent puiser ceux qui réinventent l'Amérique, des Hispaniques aux Indiens-Américains, des cuisinières médiatiques aux néo-féministes, de John McCain à Barack Obama.

  • Un jour parce qu'ils ont du jaune en eux, cette couleur "dégoûtante", Petit jaun, Petit vert et Petit orange sont envoyés au pays de là-bas d'où l'on ne revient jamais. Leur maîtresse, madame Palette, est remplacée par madame Acétone. Les autres enfants-couleur décident alors de se révolter.
    A partir de 5 ans.

  • La collection Pro en... propose des ouvrages pratiques permettant de consolider ses compétences professionnelles grâce à un tour complet des outils propres au métier, et à des plans d'action qui mettent le lecteur en situation de mobiliser concrètement, dans son quotidien professionnel ce qu'il a appris du métier.
    Véritable guide d'accompagnement, cet ouvrage aidera les collaborateurs de la fonction Communication à piloter la communication en identifiant les outils nécessaires à chaque action, à s'appuyer sur les bons indicateurs de performance, à se démarquer de la concurrence, à instaurer la confiance avec les publics visés, à élaborer la communication digitale. Il abordera aussi, notamment, la communication interne, les relations publiques, la communication de crise, et les dernières innovations du domaine.
    /> - 58 modules `Outil' présentent, agrémentés de schémas ou matrices, tous les outils essentiels, spécifiques du métier : une définition ou description de l'outil + les bénéfices de son utilisation + un exemple d'application + les pièges à éviter.
    - 12 Plans d'action présentent : l'intérêt du plan d'action + les actions prioritaires à mener + des encadrés informatifs + des éclairages d'expert + des apports novateurs pour mettre à jour ses compétences 'métier' + un cas d'entreprise pour illustrer le plan d'action + les critères de réussite du plan d'action.

  • Les dossiers nominatifs établis par Julie Duval restent toujours fragmentaires. Ils signalent une situation de crise dans la vie d’une ouvrière agricole. La répétitivité de certaines questions indique les soucis les plus fréquents rencontrés par ces Polonaises dispersées dans la campagne française.
    Les grossesses non désirées sont l’un des thèmes récurrents qu’elles aient été la conséquence de la violence des uns ou de la vulnérabilité des autres, de relations consenties ou contraintes. Il serait évidemment hasardeux d’établir des statistiques, ne serait-ce que, quand tout allait bien, aucun échange épistolaire n’intervenait. L’intérêt de ces lettres est dans l’information authentique qu’elles nous livrent sur la manière dont les jeunes femmes et leur entourage vivaient les choses.

  • La crise économique de 2008 a révélé la difficulté de nos élites à gérer de semblables bouleversements et à faire accepter des réformes nécessaires, mais impopulaires. Étudier les réactions des élites face aux crises - prévention, réaction, raidissement, intériorisation et adaptation - interroge leur capacité à percevoir la gravité de la crise, leur rapport à la modernité et, plus globalement, leur aptitude à réformer pour prévenir les explosions sociales et donc à se maintenir au pouvoir.
    Cet ouvrage, qui fait suite au colloque organisé par le Centre d´études des mondes modernes et contemporain de Bordeaux, réunit vingt-huit chercheurs. Inscrit dans un temps long (de l´époque moderne jusqu´à nos jours) et dans un cadre transnational, leur propos s´appuie sur une double identification : celle des élites - mouvantes et diverses - et celle des crises - un événement brutal et inattendu, un moment de retournement ou un lent processus de dégradation d´une situation donnée. L´étude des sorties de crise, plus ou moins réussies, permet de répondre à la question de la permanence ou du renouvellement des élites. Se dégage alors l´importance du phénomène de l´expertise et des cercles d´influence avec le rôle des ingénieurs, des intellectuels, des hauts fonctionnaires ou encore « des conseillers du prince ».

  • o Pour chaque volume, les épreuves corrigées 2015, 2016 & 2017 o Des corrigés enrichis de commentaires comportant : des points méthodes, des rappels de cours, des remarques sur les questions, des conseils de rédaction, des remarques issus des rapports de jurys, etc. o D'authentiques copies d'étudiants annotées qui accompagnent certains de ces corrigés commentés.

  • "P'tite cruche", c'est le surnom dont la mère de Carole la qualifiait, enfant. La fillette a grandi et s'est mariée mais elle porte toujours le sobriquet comme un tatouage, d'autant plus que son mari ne fait rien pour l'en dissuader. « Mais que se passe-t-il avec Jean? », se demande-t-elle au début du récit. Carole le soupçonne d'infidélité. Elle se trompe. Le passé de Jean le rattrape. Son épouse est loin de se douter de ce qui l'attend.

  • " Blancs ", " petit Blancs ", " racisme anti-Blancs "... ces vocables, qui appartenaient autrefois au discours de l'extrême droite, font un retour en force dans le débat public. Le quotidien Libération, par exemple, décrit l'Assemblée nationale comme une " réunion d'hommes blancs d'un âge avancé ". L'hebdomadaire Marianne trouve " tellement petit Blanc, tellement franchouillard " un roman de Christine Angot. En politique, Jean-François Copé part en guerre contre le " racisme anti-Blancs ", tandis que pour l'écrivain et éditeur Richard Millet, " passer à la station Chatelet-les Halles à six heures du soir est un cauchemar absolu, surtout quand je suis le seul Blanc ".
    Le " Blanc " est revenu dans le débat, mais souvent par effraction, sans précaution et sans mise en perspective. Sans réellement qu'on sache à quoi le terme fait référence : est-il synonyme de " Français de souche " ? d'autre chose ? de quoi le Blanc est-il donc le nom ? Le débat sur les " minorités visibles ", prégnant depuis une vingtaine d'années, accouche aujourd'hui, logiquement, d'un questionnement sur la " majorité invisible ". Alors qu'est-ce qu'être Blanc ? Une couleur ? Ce serait si simple...
    Pour l'essayiste et philosophe Pierre Tevanian, " être blanc, c'est ne pas avoir à se poser la question "qu'est-ce qu'être blanc ?'. Ne pas avoir, contrairement aux Noirs, Arabes et autres non-Blancs, à s'interroger sur soi-même, son identité et la place qu'on occupe dans la société, parce que cette place va en quelque sorte de soi ".
    Si la race n'existe pas scientifiquement, la " ligne de couleur ", comme disait le sociologue noir américain W. E. B Dubois, passe bien au coeur de la société française. Dans notre système républicain, en apparence si rétif au prisme racial, la " question blanche " explore cette ligne de couleur en s'arrêtant sur l'histoire coloniale (Alain Ruscio, Pascal Blanchard), les sciences politiques (Ariane Chebel d'Appollonia) mais aussi l'histoire du cinéma (Andrew Asibong), de la littérature (Clarissa Behar) ou de la chanson ( Magyd Cherfi de Zebda).
    Depuis le début des années 1990, les Américains ont fait de la question blanche un domaine d'étude universitaire : les "whiteness studies". Pour la première fois en France, cet ouvrage d'historiens, de sociologues, d'anthropologues et de journalistes revisite de façon originale les questions raciale et sociale, avec la conviction qu'il faut déconstruire la question blanche pour mieux la dépasser.

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